lundi 11 février 2019

Une vraie bande de C......


Je sais, je sais, je râle souvent. Mais cette fois-ci, il y avait de quoi !
Ce dimanche, une amie et moi avions décidé de nous oxygéner les poumons durant une petite heure. Et nous voilà parties le cœur joyeux, la blague aux lèvres, l'âme sereine.
Nuageux mais calme, ce dimanche. En effet, qu'aurait-il pu arriver durant une sortie aussi courte ? 
Ici, des rosettes d'orchidées se camouflaient entre les herbes desséchées par l'hiver, là, les premiers bourgeons des amandiers surveillaient le ciel d'un œil à peine entrouvert, plus loin encore, un arrogant orchis géant, défiguré par un terrible coup de gel, tentait   de garder un peu de sa morgue alimentée par la richesse d'un premier feuillage; de part et d'autre du chemin, des cades couverts de baies d'un brun rougeâtre semblaient nous dire : "Nous nous maintenons !". Enfin, de quoi satisfaire les yeux et l'esprit dans l'attente d'un renouveau proche.
C'est alors qu'une voiture utilitaire nous dépassa et que nous pûmes voir, à notre grand étonnement, un entassement incroyable de chiens et de chasseurs braillards comme ce n'est pas permis. Les portes arrières du véhicule étant restées ouvertes, il était impossible de rater ce spectacle. 
"Voilà bien une rencontre que je déteste, les C... sont de sortie et, vu l'heure, bien éméchés après leur repas !", me dis-je, perdant un peu de ma bonne humeur. 
La voiture ayant pris de la vitesse se retrouva bientôt dans le val, du côté opposé au chemin que nous suivions. 
C'est alors que nous vîmes sortir du véhicule les chiens et les chasseurs qui se dispersèrent entre les vignes et les bosquets. Dans les trois minutes qui suivirent, les coups de fusils partirent vers le ciel sans longs intervalles entre eux. Vers le ciel ? C'est ce qu'il nous restait à espérer. Car, en fin de compte, nous n'étions pas très loin de la zone infectée.
Affolés, quelques oiseaux passèrent à tire d'ailes au-dessus de nous, cherchant leur survie dans une fuite éperdue.
L'amie qui analysait les déplacements de ces chasseurs du dimanche et le sens de leurs tirs décréta qu'il fallait faire demi-tour et annuler cette promenade.
Je me serais bien fait tirer l'oreille lorsque, après de nouveaux tirs quasi simultanés, j'eus l'impression que de la grêle s'abattait sur ma tête et autour de moi. Les plombs, par dizaines, venaient de finir leur course à la mort dans les herbes, sur le chemin et sur ma tête.
Cette fois-ci, ce ne fut plus en pensées mais d'une voix haute et rageuse que je m'écriai : "Mais quelle bande de C..., de vrais C..., de sales C... Je ne souhaite qu'une seule chose, c'est qu'ils s’autodétruisent mutuellement. Mais qu'ils se tirent dans le c..l Bon Dieu ! Ce ne serait que justice."    
Oui, comme on peut le constater la rencontre de chasseurs me rend grossière. Mais cela fait tant de bien de crier ce que l'on pense à la face du ciel. Je croise trop souvent la pollution de ces ennemis de la nature (douilles abandonnées en grande quantité dans les forêts, plombs retrouvés dans mon garage, panneaux annonçant une battue au gros gibier non enlevés en fin de battue pour décourager les promeneurs, affuts en ruines laissés à l'abandon, chaises en plastique jetées dans les fourrés ......)
L'amie, elle, lors de ces rencontres indésirables est  toujours capable de rester plus zen que moi. Elle se contenta donc de me soutenir en ajoutant : "Oui, ce sont de vrais canards". 
J’aurais choisi un mot plus percutant mais la confusion nous fit  bien rire et détendit l'atmosphère. 
Quelques minutes plus tard, les chasseurs avaient fait demi-tour et leur véhicule nous dépassait une fois encore. Quels furent les résultats de leurs tirs absurdes ? Personne ne le saura jamais. A mon avis, il y eut simplement le plaisir de tirer et de tuer...
Et ainsi finit notre  promenade dominicale très écourtée, dans les injures, la rage et même (en ce qui me concerne), la haine .

Ce n'est pas ce dimanche que nous aurions pu chanter pour les oiseaux...
"On vous souhaite tout le bonheur du monde
Et que quelqu'un vous tende la main
Que votre chemin évite les bombes
Qu'il mène vers de calmes jardins
On vous souhaite tout le bonheur du monde
Pour aujourd'hui, comme pour demain
Que votre soleil éclaircisse l'ombre
Qu'il brille d'amour au quotidien..."

Que votre chemin évite les plombs
Qu'il mène vers de calmes jardins... 


 




Ces articles datent de 2015 et 2017 mais valent la peine d'être lus. Vu le peu d'oiseaux que je vois cet hiver autour de chez moi (il n'y en a jamais eu aussi peu malgré les coupelles de nourriture), je pense que rien ne change... 

https://www.birdlife.ch/fr/content/chaque-annee-25-millions-doiseaux-sont-tues-illegalement-en-mediterranee



 

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