23 février 2023
Une
petite anecdote arrivée voici quelques
années durant un cours d'informatique
destiné à étudier la gestion des échanges
photographiques sur le
web.
(Attention,
cette anecdote n'est pas un exemple à suivre car la connaissance du
vocabulaire peut faire évoluer plus rapidement les contacts pour une
recherche précise
Les
premières données du prof étant déjà connues de ma voisine et de
moi-même, nous étions allées un peu plus vite que les autres
élèves pour ouvrir un nouveau compte avec Google +1. Heureusement,
depuis le début du cours, nous ne nous étions pas encore fait
accrocher par le brave homme qui est un « spépieux malade »,
toujours prêt à ajouter des compléments d'informations techniques
pour nous embrouiller le cerveau avec des mots que personne n'arrive
à retenir.
Chez
lui, la connaissance du vocabulaire informatique semble plus
importante que le fait de restaurer correctement une photo ou le fait
de bien écrire un texte.
A
partir de là, il faut savoir qu'il y a un grand danger à lui
demander une explication. Si l'on se trompe dans l'utilisation des
mots, il arrête immédiatement le cours pour enfourcher son dada
favori : "Et voilà, je ne comprends pas ce que vous me demandez
parce que vous vous
êtes mal exprimée. Il ne faut pas me dire que vous avez "cliqué"
ici et que "ça" n'est
pas arrivé comme vous le
vouliez.
Il fallait dire : "j'ai voulu OUVRIR une
fenêtre et c'est un ONGLET indésirable
qui est apparu. Et, est-ce que tout le monde sait ce qu'est un onglet
et à quoi il sert ?" ... et le voilà reparti pour cinq minutes
d'explications d'une précision infernale. Parfois même, il faut le
regarder droit dans les yeux pour qu'il soit certain que nous
l'écoutons tous attentivement. Alors, si par malheur, on est en
train de regarder son écran, il élève la voix, toujours très
poliment, et dit, en pointant deux doigts vers ses yeux (comme Louis
de Funès) et nous interpelle en détachant bien les mots :
"Regardez-moi, Madame Moreau (ou Madame X ou Monsieur Y), quand
je donne une explication. Dans cinq minutes, vous allez me
reposer la même question parce que vous n'aurez rien écouté et
donc rien compris. Vous savez, c'est fatigant, pour un enseignant,
de parler dans le vide car personne ne l'écoute." (Je sais de
quoi il parle mais n'ai jamais osé le lui dire de peur de mal
m'exprimer).
Et
il continue : "Ce n'est pas sur votre écran que vous trouverez
la réponse à votre question, c'est avec moi que vous l'aurez...
sauf... si..., bien sûr, vous voulez utiliser Google et Wikipédia
pour trouver la solution. Est-ce que tout le monde sait ce qu'est
Wikipédia et comment on y arrive ? ..."
Mais,
hier, miracle ! Madame S... et moi n'avions posé aucune
question inutile et, même, étions plus avancées que les autres
dans l'ouverture de notre compte. A voix très basse, nous nous
étions interrogées pour nous entraider et résoudre quelques
difficultés, du style : "Où avez vous cliqué pour
arriver là ?"
"Oh ! c'est simple, j'ai cliqué ici
et ça est
apparu, c'est chouette, non ?" "Oui, je vais essayer la
même chose".
Aucun
vocabulaire technologique acquis donc mais un avancement
certain dans le travail. Même que, il fallut l'entendre pour
le croire, le professeur nous prit en exemple : "Voyez
les deux dames, en début de table, elles connaissent déjà la
technique pour ouvrir un nouveau compte, elles ont déjà bien
avancé." Aaaah ! mais quel plaisir d'entendre les
trompettes de la gloire. Cela n'allait certainement pas durer.
A
force d'avancer seules dans le travail, nous avons finalement ouvert
une première fenêtre de Google +1 qui créait un lien avec les amis
déjà connus sur Facebook. Comme personne, parmi les amis apparus,
ne m'intéressait, j'ai ouvert la fenêtre suivante. C'était une
longue suite de publicités ou autres sites consultés dans les
semaines ou les mois précédents. Rien d'intéressant non plus. J'ai
passé aussi. Arrivent alors la troisième fenêtre
et un énorme fou rire incontrôlable. Dans la troisième fenêtre,
je lis : "Vous
devez vous sentir seul ,
vous n'avez pas ajouté
....."
J'ai
émis un véritable râle de rire ce qui a alerté ma voisine qui,
après avoir lu le message sur mon écran, s'est écroulée sur son
ordinateur prise, elle aussi, d'un fou rire inextinguible.
Le
professeur, lancé dans une explication à l'autre bout de la table,
s'est redressé pour nous regarder et, croyant peut-être à un
chahut organisé par "les deux dames", a préféré
nous ignorer. Je crois que si, une fois de plus, il nous avait dit :
"Regardez-moi quand je parle" en mettant ses doigts devant
ses yeux, je serais tombée sous la table, morte de rire.
