vendredi 15 mai 2026

Vous devez vous sentir seul...

 

23 février 2023


Une petite anecdote arrivée voici quelques 

années durant un cours d'informatique 

destiné à étudier la gestion des échanges 

photographiques sur le web.

(Attention, cette anecdote n'est pas un exemple à suivre car la connaissance du vocabulaire peut faire évoluer plus rapidement les contacts pour une recherche précise



Les premières données du prof étant déjà connues de ma voisine et de moi-même, nous étions allées un peu plus vite que les autres élèves pour ouvrir un nouveau compte avec Google +1. Heureusement, depuis le début du cours, nous ne nous étions pas encore fait accrocher par le brave homme qui est un « spépieux malade », toujours prêt à ajouter des compléments d'informations techniques pour nous embrouiller le cerveau avec des mots que personne n'arrive à retenir.

Chez lui, la connaissance du vocabulaire informatique semble plus importante que le fait de restaurer correctement une photo ou le fait de bien écrire un texte.  

A partir de là, il faut savoir qu'il y a un grand danger à lui demander une explication. Si l'on se trompe dans l'utilisation des mots, il arrête immédiatement le cours pour enfourcher son dada favori : "Et voilà, je ne comprends pas ce que vous me demandez parce que vous vous êtes mal exprimée. Il ne faut pas me dire que vous avez "cliqué" ici et que "ça" n'est pas arrivé comme vous le vouliez. Il fallait dire : "j'ai voulu OUVRIR une fenêtre  et c'est un ONGLET indésirable qui est apparu. Et, est-ce que tout le monde sait ce qu'est un onglet et à quoi il sert ?" ... et le voilà reparti pour cinq minutes d'explications d'une précision infernale. Parfois même, il faut le regarder droit dans les yeux pour qu'il soit certain que nous l'écoutons tous attentivement. Alors, si par malheur, on est en train de regarder son écran, il élève la voix, toujours très poliment, et dit, en pointant deux doigts vers ses yeux (comme Louis de Funès)  et nous interpelle en détachant bien les mots : "Regardez-moi, Madame Moreau (ou Madame X ou Monsieur Y), quand je  donne une explication. Dans cinq minutes, vous allez me reposer la même question parce que vous n'aurez rien écouté et donc rien compris. Vous savez, c'est fatigant, pour un enseignant, de parler dans le vide car personne ne l'écoute." (Je sais de quoi il parle mais n'ai jamais osé le lui dire de peur de mal m'exprimer).

Et il continue : "Ce n'est pas sur votre écran que vous trouverez la réponse à votre question, c'est avec moi que vous l'aurez... sauf... si..., bien sûr, vous voulez utiliser Google et Wikipédia pour trouver la solution. Est-ce que tout le monde sait ce qu'est Wikipédia et comment on y arrive ? ..."

Mais, hier, miracle !  Madame S... et moi n'avions posé aucune question inutile et, même, étions plus avancées que les autres dans l'ouverture de notre compte. A voix très basse, nous nous étions interrogées pour nous entraider et résoudre quelques difficultés, du style : "Où avez vous cliqué pour arriver là ?" "Oh ! c'est simple, j'ai cliqué ici et ça est apparu, c'est chouette, non ?" "Oui, je vais essayer la même chose".  

Aucun vocabulaire technologique acquis  donc mais un avancement certain dans le travail. Même que,  il fallut l'entendre pour le croire, le professeur nous   prit en exemple : "Voyez les deux dames, en début de table, elles connaissent déjà la technique pour ouvrir un nouveau compte, elles ont déjà bien avancé."  Aaaah ! mais quel plaisir d'entendre les trompettes de la gloire. Cela n'allait certainement pas durer. 

A force d'avancer seules dans le travail, nous avons finalement ouvert une première fenêtre de Google +1 qui créait un lien avec les amis déjà connus sur Facebook. Comme personne, parmi les amis apparus, ne m'intéressait, j'ai ouvert la fenêtre suivante. C'était une longue suite de publicités ou autres sites consultés dans les semaines ou les mois précédents. Rien d'intéressant non plus. J'ai passé aussi. Arrivent alors la troisième fenêtre et un énorme fou rire incontrôlable. Dans la troisième fenêtre, je lis : "Vous devez vous sentir seul , vous n'avez pas ajouté ....."  

J'ai émis un véritable râle de rire ce qui a alerté ma voisine qui, après avoir lu le message sur mon écran, s'est écroulée sur son ordinateur prise, elle aussi, d'un fou rire inextinguible.

Le professeur, lancé dans une explication à l'autre bout de la table, s'est redressé pour nous regarder et, croyant peut-être à un chahut organisé par   "les deux dames", a préféré nous ignorer. Je crois que si, une fois de plus, il nous avait dit : "Regardez-moi quand je parle" en mettant ses doigts devant ses yeux, je serais tombée sous la table, morte de rire.


 

 

 

 

mercredi 13 mai 2026

Le Crestet

 

 

11 mai 2026 

 

Une garde d'honneur pour accueillir le promeneur au Crestet !

Un ancien muret, tout en longueur, garni d'une rangée d'iris multicolores. Superbe ! 




 

 

 

 

 

 

 

 

 Dans les bois, les orchidées trouvées 

 




















 

 

 Les petits habitants 

 





 

 

 

 

 


 


 


 


 


 



 

Le mal aimé s'appelle orobanche 

 



 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la montagne de Palle

 

 

 12 mai 2026

 

 
 
 
 "Magnifique plante bien connue pour orner nos jardins de ses grandes fleurs, la Pivoine se rencontre à l’état sauvage en lisière de certains bois clairs du Buëch et des Baronnies. A la différence de ses cousines horticoles, la Pivoine sauvage possède des fleurs à une seule rangée de pétales, alors que les plantes cultivées comptent de nombreuses rangées imbriquées les unes dans les autres. Aussi appelée Rose de Notre-Dame, Pione ou Fleur de Saint-Georges, la Pivoine tient son nom de certaines de ses vertus médicinales supposées (antispasmodique et antiépileptique). D’origine grecque, le nom Pivoine est dérivé de « peon », dieux guérisseur de l’Olympe, également à l’origine des « Péans », chants solennels demandant la grâce des dieux. Cette magnifique plante est rare en France, connue uniquement des montagnes du sud. Cette rareté lui a value d’être protégée au niveau national, toute cueillette ou prélèvement de tubercules sont donc strictement interdits."

https://www.florealpes.com

 

 

Et voilà, comme chaque année, Maxou et moi partons faire notre petit pèlerinage sur  la montagne de Palle pour admirer les pivoines sauvages. 

A Séderon,  un premier arrêt pour m'assurer de la route à suivre car je ne me fie plus trop à ma mémoire.... 

Une première dame interrogée me regarde horrifiée :

-- Mais vous comptez aller sur cette montagne seule ? 

-- Oui, ce n'est pas un problème, j'ai l'habitude de marcher seule. Mon chien m'accompagne.

-- Et vous allez garer votre voiture là-bas ? 

-- Ben oui! Pourquoi ?

-- Parce que si les bergers sont sur la montagne avec leur troupeau, ils détestent les touristes, ils viendront vous crever les pneus !

-- Oh ! Ce n'est pas très sympa ça ! 

-- C'est déjà arrivé plusieurs fois ! Et vous avez un portable ? 

-- Évidemment !

-- En fait, si j'étais en forme,  je vous accompagnerais. Cela me ferait plaisir d'aller voir vos pivoines ...  Mais, désolée je ne connais pas la route que vous cherchez ... 

Bon ! Bon ! Bon ! cela commence fort. 

J'aperçois la boulangerie du coin. Ceux-là doivent connaître. 

Question posée, le boulanger me regarde goguenard après quoi il me donne le renseignement et continue la conversation.... 

-- Ah ! Oui ! Les pivoines sont belles mais moi je ne suis pas mal non plus ! 

-- Effectivement !  Mais ce qui m'intéresse ce sont les fleurs dans la montagne ... 

-- Si vous le dites ! 

Etc, etc ....   

-- Allez, j'y vais ! Soyez rassuré, dans mon souvenir, vous serez  ma plus belle pivoine du jour ! 

Il me regarde quitter sa boulangerie avec un grand sourire.  

Là-dessus, je fonce, m'engouffre dans la voiture et démarre. Vraiment, les habitants de ce village sortent un peu de l'ordinaire. Il vaut mieux ne plus trop s'attarder. 

 

Après m'être un peu égarée dans les gorges de la Méouge (seconde fois) et avoir fait demi-tour, je finis par retrouver le départ de la piste à suivre et, enfin ! nous pouvons démarrer. 

 

Dès le départ, la joie de deux découvertes d'orchidées m'incite à chantonner... Vite, j'empoigne l'appareil photographique........

Une grosse déception suit  la joie immédiatement!

Oh là là ! Oh là là ! 

En ricanant, l'appareil photo vient de me susurrer "Pas de carte mémoire". Je me donnerais des gifles. 

Heureusement, il reste le téléphone portable qui devra enregistrer tout au long de la rando. 

 

Ici ce sont des Orchis pourpres et un Orchis militaire.  




  

Allez !  haut les cœurs , continuons. La montée ne fait que commencer.




 

 

 

En levant la tête, j'aperçois un vautour qui plane en cercles rapprochés au-dessus de nous. Son vol se rapproche de plus en plus jusqu'à frôler les cimes des arbres proches. 

Mais est-ce que je me trompe ? J'ai l'impression désagréable qu'il surveille mon Maxou ! Bon, je sais, mon chéri n'est pas un très grand chien mais de là à le prendre pour une future proie ... Non, l'agneau de ma vie n'est pas comestible !  

Lorsque l'oiseau s'éloigne, je respire mieux ! 


 

 

 

Dans la forêt, voici l'avant-garde ! C'est amusant, tous les ans, ce petit massif de pivoines se retrouve au même endroit et chaque fois, la joie m'envahit et me donne le punch nécessaire à la poursuite de la montée.  

 


 

Ici, un nombre incroyable de feuilles et de fruits de narcisses donne  une petite idée de ce que dut être le sous-bois et les clairières il y a deux ou trois mois   !  Le décor devait être génial !  

 


 

 

 

Dans les bois, je suis toujours étonnée à la vue de ces grosses pierres venues s'encastrer entre deux troncs et qui ensuite ne pourront plus jamais terminer leur descente. Unis pour la vie !  En espérant qu'ils aient des choses à se dire ... 



 

D'autres rencontres toujours intéressantes.

Ici, une très belle lycose ... 

 

... là , je pense, la chenille de la pyrale du buis (?). 

Cette année, ces petites chenilles semblent moins nombreuses que les autres années. Une chance !

Pendues au bout d'un fil extrêmement fin, au bout d'une branche, dès que l'on approche, elles donnent un mouvement de balancier infernal à ce fil. Un moyen de défense sans doute.  


 

Un nouveau massif de pivoines apporte une légère angoisse . De nombreuses fleurs sont déjà fanées.  


 

Cette fois, nous arrivons, la montée est terminée, au bout de la piste s'étale  la prairie avec ses joyaux floraux ! 


Mais auparavant, encore quelques découvertes ! 


Deux derniers Orchis pourpres  



 Le Muscari à toupet et son bébé  

 
Les Valérianes tubéreuses 
et leur occupante...  
 
... j'ai eu l'impression que cette sauterelle sniffait la valériane ...Elle avait déjà le regard un peu égaré ! Bien sûr vous me direz que c'est mieux que le protoxyde d’azote. La valériane, en montagne, c'est plus naturel ! ...


 
 
Un coup d’œil sur le panorama permet d'apercevoir les Alpes enneigées. 
 

 



 

 

Maintenant, il faut arrêter de se dissiper près de toutes les petites beautés offertes par la nature car les merveilles nous attendent un peu plus loin et c'est bien pour elles que nous sommes venus. 
 
 C'est bien là, près de la pinède et très très peu ailleurs . Étonnant ! 

 




 













 

 




 

Après tant de beauté, il n'y a plus rien à dire et après notre errance d'un massif à l'autre, après un repos que nous aimerions prolonger indéfiniment parmi les pivoines, il faut se raisonner et reprendre la piste dans le sens de la descente. 

 

Mais les émotions ne sont pas terminées ...

A une cinquantaine de mètres de la voiture, deux grands chiens sortent de leur jardin comme des furieux et se jettent sur mon Maxou qui ne demandait qu'à faire copain copain. L'un des deux l'a  déjà attrapé près de la nuque ! Mon sang n'a pas eu le temps de faire un tour. Je me  précipite en rugissant plus violemment qu'un lion enragé. Bâton de marche levé, je m’apprête à assommer celui  qui a  saisi Maxou. Je crois que mon hurlement a  pour résultat l'arrêt de l'attaque. Le propriétaire me lance un très mauvais regard sans s'excuser pour l'agressivité de ses chiens mais franchement, de son regard, je n'en ai rien à cirer (pour rester polie) .

Comme fin de rando, c'est un peu agité mais tout se   termine bien. 

Et franchement, après cinq heures de marche, je ne pensais pas pouvoir encore réagir avec une telle violence. 

Que celui qui veut ennuyer mon Maxou d'amour se le tienne pour dit ! 

 

 


 


Bon ! tant d'émotions méritent bien un petit arrêt à Montbrun-les-Bains  
 

 

 

Cela fait un bout de temps que j'y vais ! 

https://annemoreau.blogspot.com/2014/05/la-montagne-aux-pivoines.html 

 

https://annemoreau.blogspot.com/2020/05/quelques-fleurs-de-la-montagne-de-palle.html 

 

https://annemoreau.blogspot.com/2025/05/la-montagne-de-palle-18-mai-2025.html