vendredi 24 avril 2026

Souvenirs d'enfance : Le chapeau caché

 

 

 

 

Le Mollard (Albiez-le-Vieux) - vue sur le mont Charvin

 

 

 

 

 Lors de nos séjours en Savoie, notre mère exigeait de nous voir porter un chapeau afin de nous protéger du soleil. Ce en quoi elle avait raison … mais … pourquoi achetait-elle toujours des chapeaux d’un ridicule consommé ? 
Cette année-là, elle fit l’acquisition de chapeaux du style « chanteur de Mexico » qui nous ridiculisaient auprès des enfants du village. 
Pour ma part, je n’y prêtais pas grande attention. Ma sœur, elle, très sensible aux moqueries de ses camarades de jeux décida de boycotter ce couvre-chef en paille. 
Non loin de la maison louée par mes parents se dressait un vieux mazot. Bien campé sur ses quatre larges pierres, entouré de hautes herbes et de gentianes, c’était le lieu idéal pour y faire disparaître l’objet de son rejet, le chapeau de paille abhorré. Ma sœur l’y cacha donc sous la petite échelle qui donnait accès à la porte de la réserve. Ensuite, après m’avoir bien fait comprendre l’importance du mutisme qui devrait être le mien, elle bondit dans les herbes, tête nue, et prenant ses jambes à son cou, partit à la recherche de ses compagnons de jeux avec lesquels elle passait de longues heures à la découverte de la montagne et de ses splendeurs. 
 Le temps passa et arriva l’heure du souper. A table, Danielle fit preuve de peu d’appétit. Le visage d’une coloration étrangement foncée, les yeux saillants, elle pouvait difficilement laisser croire que tout allait bien Notre mère, alertée, tendit la main, toucha le front de mon aînée et poussa un couinement d’horreur tant ce front était brûlant. Aussitôt, le branle bas déclenché par la catastrophe supposée secoua les quatre membres de la famille. Danielle fut mise au lit avec un thermomètre bien planté entre les fesses. Le résultat ne se fit pas attendre, à peine quelques minutes pour secouer encore plus père et mère : 41 degrés de fièvre… 
L’alerte générale fut lancée dans le village, les touristes belges avaient besoins d’un médecin de toute urgence ! En pleine montagne, fin des années 40, allez trouver un médecin ! Les plus âgés du village donnèrent leurs conseils : telle herbe en infusion, un tissu mouillé sur la tête, une diète dans les jours à venir… Tamara, aux cent coups n’en démordait pas, c’est d’un médecin dont sa fille avait besoin ! 
Le curé Rambaud annonça alors qu’il allait en chercher un. Il s’enveloppa dans sa cape, sortit la mule et partit par les sentiers de montagne en pleine nuit pour rejoindre Saint Jean de Maurienne . La descente prenait deux heures pour un montagnard averti. Pour la remontée, c’était une autre paire de manches : quatre heures minimum. C’est donc à six heures du matin que le prêtre et le médecin furent de retour, le médecin s’étant fait aider dans la montée en tenant la queue de la mule qui, elle-même, portait tous les instruments et les fioles nécessaires aux cas graves. 
La visite ne se fit pas sans quelques sérieuses récriminations et le praticien ne cacha pas sa colère lorsqu’il constata que ma sœur souffrait d’une …. insolation ! Son information claire, nette et sèche lancée à nos parents leur fit bien comprendre que, dans ces villages de montagne, lorsqu’il devait venir, c’était pour signer l’acte de décès. 
 
Et toc !
 
 
 






 
 
 
 

 
 
Crédit photos : Franz Moreau 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

lundi 20 avril 2026

Mazagran - "La maison assassinée" - Pierre Magnan

 

 

Mazagran*
Un mot que je découvre en lisant un roman de Pierre Magnan. 
Des mazagrans, j'en avais déjà vu sur des vide-greniers ou chez des brocanteurs mais je ne connaissais pas ce nom ni son origine. L'origine ? Aïe ! nous voici, une fois de plus, replongé dans une guerre ... 
 

 
 
Et pour passer de l'âne au coq, deux animaux que j'aime beaucoup, parlons de l'auteur du livre : Cet auteur possède une étendue de vocabulaire incroyable !
mazagran, limonier, haquet, limousine (un vêtement), devoirant, caquois, novi, tous ces mots en un peu plus d'une demi page...
 

L'idéal est de garder en permanence un dico à côté de soi quand on lit un roman de Magnan !!!
Mais le style, les descriptions sont tellement magnifiques que peu importe le temps passé à plonger son nez dans le dico. L'âge aidant, cela devient un réel plaisir de découvrir des  mots anciens de moins en moins utilisés et que l'on aimerait tant voir ressurgir dans les conversations .... mais là, je rêve....  car, au vu du vocabulaire des générations actuelles, ce patrimoine d'une superbe richesse semble perdu à tout jamais .... 
 

 
 

Un article vraiment intéressant 
 
 
  
 

*Le mazagran, pour une bonne dose de convivialité (Journal Le Monde 29 mars 2025)

Ces objets étaient tombés en désuétude. Ils retrouvent aujourd’hui une nouvelle jeunesse.

Par 

Publié le 29 mars 2025 à 15h00

Temps de Lecture 1 min.


https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2025/03/29/le-mazagran-pour-une-bonne-dose-de-convivialite_6587887_4497319.html


 

 
 
 
 
 
 
 

vendredi 17 avril 2026

Le Poët-en-Percip

 

 

09 avril 2026 

 

Commençons par les plaisirs de l'estomac  car il ne faut jamais partir en rando le ventre vide.  Et comme le village de Faucon  accueille une boulangerie de premier ordre.... ! 

Bon, rien d'exagéré, deux croissants et un café allongé feront le premier bonheur du matin. 

Parfois, il m'arrive de reconnaître que la vie est parfois bien belle si on réalise qu'il faut si peu de choses pour se promener dans les jardins d’Éden ...

 

Mon projet du jour est le col des Tunes situé au-dessus du village du Poët-en-Percip.  Je l'ai fait voici quelques années. Le tout est de remettre mes pieds dans les traces anciennes... 

 

Mais avant tout, une petite visite aux Ophrys speculum sur la route de Buis . 







 

 Après cette réjouissance visuelle, nous entamons la montée vers Le-Poët-en-Percip. 

 


 

Je ne sais pas si c'est mon estomac qui dirige mes pas mais, dès l'arrivée au village, c'est un charmant restaurant de montagne qui nous ouvre les bras... 

 




Après quelques bavardages avec les restaurateurs, quelques renseignements pris pour retrouver le sentier suivi en 2022 et autres gentillesses, Maxou et moi nous remettons en route. 
 
 
Rapidement, le long du sentier, nous découvrons les premiers Ophrys araneola. Leur floraison semble plus tardive que dans la vallée. Normal !  


 

 Un peu plus loin, nous trouvons un  Orchis pourpre en tout début de floraison. 


 

Découverte suivie par celle d'un très joli papillon brun et celles d'autres copains ailés.


 

 

 


 

 

 

 Ah ! Voici des indications comme je les aime ... j'ai choisi la bonne direction ! Le Col des Tunes nous attend ! 


 

 Eh bien ! il nous attendra encore plusieurs jours ou plusieurs semaines car ..... Mais à quel embranchement me suis-je trompée ? ? ? 

Certainement à celui où trois directions étaient possibles. Mais là, il n'y avait plus aucun renseignement et après quatre années, la mémoire est devenue défaillante ... 

Pour aujourd'hui, adieux Tunes !

Lorsque l'erreur sera devenue flagrante nous aurons déjà bien marché. Alors admirons les paysages sans plus nous tracasser. 

 



 Le Poët-en-Percip

Waaaou ! Belle vue sur le Ventoux enneigé ! 




 

 L'erreur n'est pas grave, elle nous ramène au village par une boucle beaucoup plus courte. Allez, haut les cœurs ! Rejoignons le restaurant pour nous rafraîchir avec un délicieux petit sirop d'orgeat ! 

Ici, je découvre des anémones pulsatiles.... plantées par la restauratrice.   


 

 


Et en passant, profitons-en pour admirer ce magnifique bouquet de giroflées.  

 

 

 

Un souvenir : la rando de 2022 

https://annemoreau.blogspot.com/2022/04/le-poet-en-percip-col-des-tunes-col-de.html

 

 

 

 


jeudi 16 avril 2026

Les Perdigons

 

 

 15 avril 2026

 

Voici une rando facile et bien agréable à découvrir.

Les Perdigons sont un lieu-dit* attaché  à la commune de Châteauneuf-de-Bordette mais, lorsque vous suivez la route en venant du village, en dehors de l'indication Perdigon, rien ne signale qu'une promenade peut partir de ce lieu. Il faut arriver assez haut sur la colline pour découvrir des indications intéressantes.   


 

La route suivie permet, en cette saison, de découvrir de nombreux Orchis pourpres et, en quittant des yeux les prairies, talus et ravines, d'admirer les paysages de montagnes qui entourent la vallée. 


 

Que de vergers en pleine floraison ! Des abricotiers peut-être ? En tout cas c'est magnifique toutes ces fleurs d'un blanc lumineux ! 

 

 

Partout dans les différentes directions et aussi loin que l'on peut regarder dans la montagne, le rose des arbres de Judée explose **

 



 

 



 

Et dans le ciel immensément bleu, un petit nuage ... Mais que venait-il faire là en cet après-midi superbe ?


 





 

Tout en allant, Max et moi faisons de bien jolies rencontres : 

 une abeille charpentière

https://www.facebook.com/hashtag/pasunfrelon
  

l’aurore cardamine (femelle) (Wikipedia)

 

 et la plus belle, la Diane ...

... celle que je n'aurai vue que deux fois dans ma vie. Une première fois à Bollène grâce à une amie, Stéphanie Poupin, qui m'avait invitée à venir voir un habitat d'Aristoloches. Miracle, lors de notre approche, la Diane volait autour des fleurs !

Hier, la prairie dans laquelle j'ai pu la photographier n'était pas loin du talus où poussent les Aristoloches.  Nouvelle chance !

(mais j'espère ne pas confondre avec la Proserpine vu leur ressemblance et la mauvaise qualité de ma photo...) 

Avec Max, il y a un petit problème ! Lorsque je veux photographier un papillon, je ne sais quel instinct le pousse à repérer immédiatement le petit ailé, il se précipite illico vers l'animal (pour vérifier si la prise de vue en vaut la peine ???) et, évidemment, le fait s'envoler. Hier donc, quand j'ai aperçu le papillon sur sa tige de roncier, j'ai zoomé tant et plus pour éviter tout approche intempestive de mon poilu. D'où une photo des plus incertaines ... 

Peu importe, le bonheur était là, dans la montagne où l'on peut encore trouver différentes espèces de papillons.  

 

Celui-ci, je n'ai pas trouvé son nom ...

 

Et voici les Aristoloches ayant colonisé un beau coin du bord de route, sur le talus et même dans le lit asséché d'un ruisseau. Ce  sont ces fameuses plantes sur lesquelles la Diane vient pondre ses œufs.  Sans les Aristoloches, pas de descendance pour la Diane ....



 





La montée continue





 


 

 


 








Petite déception, ici l'atelier des Perdigons semble à l'abandon mais peut-être rouvrira-t-il en haute saison ??? 
 








Par contre, face à l'atelier deux Érables à feuilles d'obier (Plantnet), poussant côte à côte, ne peuvent que provoquer l'admiration par leur port majestueux. Une autre merveille ! 






Partout, où que porte le regard, la nature a pris son élan pour une nouvelle vie .






 

Cela nous aurait manqué !

Voilà qu'apparaît,  au détour du chemin, le monstre de la forêt dans toute sa splendeur ! 

Ah, oui ! celui-ci est vraiment magnifique !  






Mais il ne semble pas effrayer ces mignonnes demoiselles roses qui continuent à s'épanouir  au soleil du soir. 







 

 

 

 Solitaire dans sa prairie, ce cerisier, seigneur printanier, capte un maximum de rayons solaires pour étaler sa splendeur et rendre jaloux tous les confrères des  prairies environnantes.  

Il sera notre dernière vision lumineuse avant de prendre le chemin de la vallée.  

 

MAIS !!! nous n'avons encore fait qu'une petite partie du circuit qui continue après l'atelier des Perdigons. 

A bientôt donc ! 

 

 

lumière du soir aux Perdigons 

 




Des connaissances bien intéressantes 

https://www.cen-rhonealpes.fr/wp-content/uploads/2013/11/PGS_perdigons.pdf 

 

https://www.cen-rhonealpes.fr/les-territoires/ardeche/les-perdigons-2/ 


Carte  

https://fr.mappy.com/activite/elevages-d-animaux#?bbox=5.1480392992447435%2C44.34809491637327%2C5.195192641314918%2C44.366522180421384 

 

 


* Perdigons, origine du mot ? :

J'ai eu l'occasion de rencontrer un écrivain de la région qui s'est spécialisé dans les origines des noms des villages environnants. Il ne connaissait pas le mot Perdigons mais par recoupements par rapport aux noms d'autres lieux commençant par Per, il pense que cela pourrait provenir de "père Digons", nom donné à un lieu en référence au propriétaire ... Cette explication a l'air intéressante et en vaut bien une autre.  

 

**Comme dit Bossuet....  

 Selon une légende, c'est à cet arbre que Judas se serait pendu après avoir trahi Jésus Christ. L'origine de cette légende n'est pas connue mais est peut-être due à la forme de ses feuilles, rondes et plates comme des monnaies, ou bien aux gousses noires qui pendent des rameaux en automne . En fait, c'est surtout qu'après que Judas s'y soit pendu, l'arbre se serait mis à fleurir, sa floraison se faisant autour de Pâques ; les fidèles y virent un signe miraculeux... (Wikipedia)