mardi 30 avril 2013

L'azuré... un coin de ciel bleu posé sur une fleur

 Ce merveilleux petit papillon porte bien son nom d'azuré (mais  quel azuré ?)




Photos prises le 30 avril 2013 vers 17 heure 30 

Puyméras (Vaucluse) - bord de route

Comme un petit coin de ciel bleu tombé dans l'herbe, le papillon profitait des quelques rayons du soleil de cette fin d'après-midi  pour se chauffer
L'intérieur des ailes était de couleur  très foncée
Une bien jolie rencontre surtout quand on sait que ce joyau bleu est présent en France depuis le paléolithique 
Cela laisse rêveur : avoir pu survivre si longtemps et être maintenant à la merci de n'importe quel pesticide criminel... 


A l'aide !


Au grand bal du printemps, ...

...  et malgré des pluies décourageantes, la Provence 

s'est parée de toutes ses améthystes




 



Et, sans aucune discrimination, la glycine, l'iris et le lilas côtoient l'arbre de Judée, le thym, le serpolet et la violette.











Les dominantes, en ce mois d'avril, sont le mauve, le rouge, le bleu et le violet


dimanche 28 avril 2013

Ce soir, le ciel a volé le Ventoux...

... Et cela ne va  plaire ni aux cyclistes ni aux Provençaux

Photo prise du Crestet, regard portant vers le Ventoux...
... mais où est-il ?

samedi 27 avril 2013

Souvenirs d'enfance (9 - quatrième partie) Val d'Isère

 Val d'Isère  (suite)

Ces vacances n'avaient pas été assez pimentées. Quelques nouvelles catastrophes devaient encore survenir.

Ce matin-là, ma sœur, Michel et Claudine s'étaient éclipsés en toute discrétion. Les trois voyous avaient pris la sale habitude de nous abandonner, Claude et moi, à notre triste sort d'êtres indésirables. En ce qui me concernait, j'avais l'habitude. De tout temps, j'avais toujours été trop jeune ou trop petite ou trop fragile. Mademoiselle Trop, voilà comment on aurait dû me surnommer. Il est vrai que je n'avais ni l'endurance pour suivre les courses des aînés ni la force pour aider à la construction de leurs barrages ou cabanes. Quant à leurs pérégrinations à travers les alpages, sans but bien précis, elles me fatiguaient très vite. La solution trouvée à mon indésirable présence était donc la fuite en catimini. Le pauvre Claude, lui, était éliminé pour plusieurs raisons : son intelligence très moyenne énervait les trois autres; garçon plus sage et plus obéissant qu'eux, il représentait l'exemple à ne pas suivre et, last but not least, de santé fragile, il ne pouvait leur apporter aucune aide dans leurs projets les plus fous. Tout cela était bien injuste mais qui a jamais trouvé une grande justice dans les prises de position d'adolescents en goguette?
Ce matin-là donc, Claude m'avait rejointe au centre d'une prairie située plus haut que notre chalet. Ce que mes parents n'avaient pas encore découvert, c'est qu'au milieu de cette prairie, caché par le fouillis des hautes herbes et des fleurs, un puits assez large et profond avait été creusé puis abandonné. Avec le temps, ce trou s'était rempli d'eau à ras bords et les grenouilles alpines y avaient trouvé un site on ne peut plus accueillant. Je m'étais couchée dans les herbes, observatrice attentive de la gent batracienne et ne me lassais pas de voir les sauts et les plongeons déclenchés par le moindre de mes mouvements. Ces grenouilles rousses étaient de purs joyaux et, à chacun de leurs bonds, le blanc nacré de leur ventre m'émerveillait. J'espérais, un temps venant et avec beaucoup de patience, pouvoir saisir l'un de ces petits amphibiens pour caresser sa peau apparemment si douce. L'arrivée de Claude ne m'enchanta qu'à moitié. Notre différence d'âge et son réel manque d'intérêt pour la nature n'en faisait pas un ami réel.
Je n'ai jamais pu déterminer si l'incident qui suivit son arrivée fut dû à un désir compréhensible de vengeance chez cet adolescent écarté par ses pairs ou si son manque d'intelligence joua en ma défaveur.
Après avoir observé les grenouilles durant quelques minutes, il me fit remarquer que de petits morceaux de poutres flottaient à la surface de l'eau. Je n'avais accordé à ces bois qu'une attention passagère : excellents tremplins ou plongeoirs pour mes copines palmées, sans plus. La remarque de Claude me les fit observer plus attentivement. J'avançai le bras, fis dériver l'un des bois et essayai de le sortir de l'eau mais le poids du bois mouillé ne me permit pas de le soulever. Claude émit alors l'idée que si ces petites poutres étaient si lourdes on devait pouvoir marcher dessus sans danger. La suggestion me parut géniale. Un nouveau jeu se présentait à nous et je décidai de l'expérimenter tout de suite : j'allais effectuer la traversée de ce petit bassin en marchant sur les bois. Perfide, Claude m'encouragea sans s'engager lui-même.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Je me redressai, choisis le bois que j'avais amené près du bord et y posai le pied. Je n'eus pas le temps de réaliser ce qui m'arrivait que déjà, le bois s'était éloigné de la rive, m'obligeant à un grand écart qui se termina par un plongeon bien moins gracieux que ceux observés précédemment. Première immersion totale qui provoqua chez moi une panique terrible : sous l'eau, mes pieds n'avaient rien senti qui pût me propulser vers la surface. Mon corps remonta quand même et ma tête émergea. Je tentai de saisir l'un des morceaux de bois qui m'entouraient mais, au fur et à mesure que je tentais de m'y accrocher, ils se dérobaient pour s'enfoncer et revenir ensuite flotter plus loin. Je parvins à crier à Claude de m'aider. C'est à cet instant que, tournant les yeux vers lui, je vis avec horreur qu'il riait aux éclats. La situation lui paraissait loufoque et, pour une fois qu'il avait l'occasion de s'amuser, il n'allait pas gâcher son plaisir en me tendant une main secourable.
A force de me débattre, de couler, de remonter, de mouliner des bras et des jambes, je finis par me rapprocher du bord du puits et, après avoir saisi une touffe d'herbe solide, par me hisser pantelante et dégoulinant d'eau sur la rive salvatrice. J'étais folle de rage et je fonçai jusqu'au chalet pour accuser le crétin des Alpes de tentative de noyade. Mes explications trop tumultueuses et embrouillées firent que ma mère ne comprit pas grand chose à l'accident et ne put pas croire à ma dénonciation. Était-il possible, lorsqu'on a quatorze ans, de pousser une enfant à la noyade? Cette idée ne se fraya aucun chemin vers la partie adéquate de son cerveau et Claude ne reçut qu'une petite réprimande. Pour ma part, je gardai une rancune tenace à ce tueur caché et l'évitai avec le plus grand soin jusqu'à la fin du séjour.


Juste pour le fun et parce qu'il pleut et que l'on est dans le brouillard...


Une rencontre faite en fin d'été sur la safranière de l'Or rouge des 3 Rivières, à Entrechaux 

D'après mes recherches sur Google, il s'agirait de l'hogna radiata que j'ai longtemps confondue avec la lycose de Narbonne... mais cela pourrait quand même être cette dernière (les sites internet se contredisent)   
En automne, il arrive que l'une d'entre elles entre chez moi. Elles sont parfois tellement grosses que je les aperçois traverser la pièce rien que du coin de l'oeil. Dans ce cas, et malgré ma peur des araignées, je les capture sous un verre, je glisse un carton pour fermer puis je vais déposer mes visiteuses à plus de 30 mètres de la maison. J'ai lu qu'il fallait plus de 30 mètres pour que les araignées ne retrouvent pas leur chemin ...???
Et quand la rencontre a lieu en fin de soirée, je peux vous assurer que ce n'est pas une sortie de bal. Dans la nuit, je tremble à l'idée de mal tenir mon verre et mon carton et de laisser une ouverture par laquelle la bête, avec un grand sourire carnassier, s'apprêterait à quitter sa prison pour grimper sur ma main.
Il paraît que les morsures de ces araignées sont très douloureuses.

Celle-ci, j'aurais aimé la photographier de face mais, pour ce faire, j'aurais dû me coucher sur le sol et l'idée m'est venue que, si j'agissais ainsi, l'araignée n'aurait qu'à faire un grand bond en avant pour me sauter à la figure et je n'ai pas osé tenter l'expérience. Je sais, c'est stupide, mais j'ai la mauvaise habitude de mettre l'imagination au pouvoir en toute circonstance. Donc, pour cette fois, vous ne verrez pas son sourire. 
Par contre, si vous agrandissez les photos, vous observerez bien les quatre paires d'yeux de la dame brune.
Et d'après le positionnement des yeux (qui peut varier d'une espèce à l'autre), j'ai cru avoir affaire à une lycose. Mais la lycose a le ventre noir tandis que celle-ci l'a brun

Il existe une légende qui raconte que la danse nommée tarentelle (de Tarente en Italie) est une danse remontant à l'antiquité et qui était exécutée en vue de guérir des personnes malades à la suite d'une morsure de tarentule.
Voir sur Wikipedia : tarentelle et tarentule

jeudi 25 avril 2013

Un mariage anticonformiste

Sauvés ! Ils sont sauvés ! Personne ne s'est encore penché sur le mariage 
d'une glycine et d'un cyprès ! 
Ce paysage interactif va continuer à faire notre bonheur !

mercredi 24 avril 2013

Souvenirs d'enfance (9 - suite - troisième partie) Val d'Isère

Val d'Isère   (suite)

Torrent de montagne
                                                 Crédit photo : Google banque d'images - torrents de montagne

Cette première expérience torrentueuse ne fut pas la dernière et ne me servit pas de leçon. Je savais que le cours d'eau devenait dangereux en fin d'après-midi. Mais à quel moment de la journée se situe une fin d'après-midi quand on a huit ans ? Ajoutons à cette insouciance que j'aimais beaucoup faire de l'esbroufe lorsque je me trouvais en compagnie d'enfants de mon âge. Ces éléments rassemblés provoquèrent une nouvelle catastrophe.
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Après avoir chanté et rechanté notre répertoire, nous décidâmes de passer à des activités plus physiques. Nous quittâmes le dessous du balcon et nous dirigeâmes vers l'île devenue accessible à tout un chacun depuis que les adultes y avaient oublié le pont formé par la grosse poutre. Et hop! Nous passâmes sans encombre. L'île, ce jour-là, n'offrait pas d'intérêt particulier et nous continuâmes nos explorations sur la seconde rive qui présentait l'avantage d'être moins piétinée et donc plus prometteuse de découvertes nouvelles. Furetant de-ci, de-là, nous nous retrouvâmes bientôt assez loin en aval de notre point de passage.
C'est ce moment que choisit le soleil pour commencer à disparaître derrière la montagne. Aussitôt, la température se fit plus fraîche, les ombres mauves des sommets s'allongèrent et nous pensâmes à rentrer auprès de nos parents. Chacun, sauf moi, fut d'accord pour refaire le chemin en sens inverse. Je voulus leur en mettre plein la vue et déclarai qu'il serait plus rapide de traverser le torrent à cet endroit : il suffisait d'enlever ses chaussures. Les arguments d'opposition se mirent à pleuvoir. L'eau avait commencé à monter. On ne pouvait pas enlever ses chaussures à cause des vipères. Nous n'allions pas pouvoir poser les pieds nus sur les galets, cela ferait mal. L'eau était bien trop froide etc... etc... Ma décision ne fléchit pas et je demandai à mes amis atterrés par l'inconséquence de mon projet de bien regarder comment j'allais leur ouvrir la voie. Je m'assis, enlevai mes petites bottines et mes soquettes puis, prenant mon courage et mes chaussures à deux mains, je m'engageai dans le torrent. Effectivement, l'eau était plus que froide. Glaciale, pourrait-on dire. Je n'en laissai rien paraître. Comme les amis l'avaient dit, marcher sur les galets faisait très mal et, à tout moment, je risquais de me tordre une cheville. Je m'entêtai et poursuivis mon avancée mais de plus en plus lentement. Lorsque je fus au milieu du torrent, je réalisai enfin la folie de mon entreprise : le courant, à cet endroit était devenu tellement violent qu'il m'interdisait d'encore soulever un pied ni pour une marche arrière ni pour une marche avant. Je stationnai, cherchant avec angoisse comment me tirer de ce pétrin sans y perdre mon honneur. J'avais beau m'accrocher à mes bottines, ne reposant sur rien, celles-ci ne pouvaient me sauver la mise. Derrière moi, les commentaires goguenards commençaient à fuser: «Vas-y, avance !» «Pourquoi t'arrêtes-tu ?» «Tu as peur des poissons ?» «Je pensais que c'était si facile !»
Achever un homme à terre a toujours fait partie des habitudes humaines. Rien ne me fut épargné et surtout pas les petits ricanements qui vrillent les tympans comme des forets.
Mon père, ce héros
Lorsque, prise de panique, les jambes saisies par le froid du torrent, les muscles des cuisses prêts à céder à la fatigue, je tournai la tête vers le public moqueur pour déclarer d'une voix blanche que je ne pouvais plus soulever un pied, la panique s'empara du groupe. La plus sensée d'entre nous comprit qu'il ne fallait plus rigoler. Elle prit ses jambes à son cou et fonça en sens inverse, retraversa la poutre en une fraction de seconde et courut chercher du secours auprès de mon père. Celui-ci arriva à toute vitesse et, une fois de plus, n'hésita pas à tremper ses bottines et ses bas afin de me récupérer au milieu du torrent qui montait de plus en plus. Cette fois-là, je crois qu'il me sauva la vie. Une ou deux minutes de plus et j'aurais lâché prise.
L'émotion fut tangible chez tout le monde et la réprimande fut de nouveau au rendez-vous. Plus jeune que ma sœur, je bénéficiai quand même d'une certaine compréhension pour mon manque de réflexion et ne fut pas trop grondée. Si punition il y eut, je n'en garde pas mémoire.

SAFRAN ? Vous avez dit SAFRAN ?


 http://www.or3r.fr 

Chenille inconnue



















J'aimerais savoir quel papillon deviendra cette chenille.
Si quelqu'un connaît la réponse ...
Lorsque je l'ai photographiée, elle mangeait du plantain.
Photo prise à Entrechaux /Vaucluse/avril 2013

Souvenirs d'enfance (9 - suite) Val d'Isère

Val d'Isère  (suite)


Le torrent qui gazouillait aux abords de notre chalet était diablement attirant. Il faut le reconnaître et rendre hommage à sa beauté : une eau des plus limpides, un lit, tapissé de galets de toutes formes, de toutes grandeurs et colorés de tous les gris, des plus sombres aux plus clairs. Il offrait une manne inépuisable de découvertes. Nos mains, nos bras n'hésitaient jamais à s'y plonger malgré le froid glacial de l'eau. Nous en ressortions des galets ronds comme des boules de pétanque, de petits galets argentés garnis de paillettes de mica scintillant, certains en forme de cœur, d'autres semblables à des fruits. L'imagination aidant, nous aurions pu vider le torrent de ses joyaux arrachés à la montagne si d'autres activités ne nous avaient parfois appelés ailleurs.
Dès les premiers jours, la grande découverte qui mit en émoi les plus âgés d'entre nous, fut celle d'une petite île au milieu du torrent. Épargnée par les flots durant la journée, cette île devenait inaccessible dès le coucher du soleil. Les eaux glaciaires montaient alors, interdisant l'accès aux rives pour qui, coincé sur l'ovale de terre, aurait voulu regagner ses pénates à l'heure du souper.
Les parents avaient constaté cette montée quotidienne des eaux et, avec fermeté, avaient interdit l'accès à l'île après le goûter. Basta ! Les interdictions n'étaient pas de notre ressort. En tout cas, pas du ressort des aînés. Et comme quelques bosquets salutaires cachaient l'île aux yeux des habitants du chalet, qui pourrait connaître les désobéissances de réfractaires ?
Ce soir-là, l'appel à la soupe ne vit apparaître que trois enfants : Claudine, la précieuse, Claude, l'obéissant du groupe et celle de huit ans qui avait arpenté des domaines proches. De Danielle et de Michel, point. L'inquiétude insinua son nez. Ma mère sortit sur le balcon du chalet et lança un son qui relevait plus du cri de guerre que d'un tendre appel maternel. Le silence de la montagne la glaça. Mon père et Andrée prirent le relais. Des trémolos dans les deux voix indiquaient que l'angoisse montait. Jacques et Fernande intervinrent aussi dans ce concert nocturne improvisé, mêlant leurs voix mieux contrôlées à celles des parents pris de panique.
C'est alors que chacun put entendre, chevrotants, les appels au secours s'élevant de l'arrière des bosquets situés en bordure du torrent. Ce fut la ruée vers les deux pépites retrouvées. Mon père, que j'avais rarement vu courir, se trouvait en tête. Ma mère, pourtant plus sportive, arrivait en seconde position. Andrée, déjà essoufflée par les dix premiers mètres de course, suivait cependant, bien décidée à retrouver son rejeton perdu. Jacques et Fernande, n'étant pas parents suivaient avec plus de calme. Dernière position, la mienne. Poussée par une curiosité malsaine et désireuse d'être aux premières loges pour savourer l'engueulade qui, à n'en pas douter, allait suivre, je m'étais jointe à la folle chevauchée. Claudine, soucieuse de ne pas se mouiller les pieds dans les herbes folles, était restée au chalet, accompagnée par Claude, soucieux, lui, de sa santé fragile. Il faut l'admettre, les vacanciers belges ne rechignaient pas à offrir des spectacles gratuits aux touristes français, locataires des autres chalets.
Arrivés sur la rive du torrent, tous, nous pûmes voir sur l'île, droits comme des cierges éteints, les deux désobéissants, penauds dans l'attente des secours mais surtout dans l'attente de la punition. Une grande question se posa alors : Comment aller les rechercher sans être emporté par les flots devenus très tumultueux. Une concertation fut organisée. Se mouiller et passer à pied? Impensable : même en organisant une chaîne, mains serrées dans mains crispées, le risque était trop important. Et, en toute logique, avec quelles mains soutenir les deux sacripants si elles étaient occupées ailleurs? Les yeux scrutèrent les ombres de la nuit. Aucun galet suffisamment gros ne pouvait servir de pose-pied pour passer de notre rive à celle de l'île. Et même ! Si quelques galets salvateurs avaient pointé leurs têtes au-dessus des remous, leur humidité aurait provoqué la chute de l'imprudent qui se serait risqué à tenter l'aventure. Je ne sais quelle voix s'éleva pour émettre l'idée que les deux aventuriers pouvaient peut-être passer la nuit sur l'île. Puisqu'ils y avaient construit une cabane, autant qu'ils en profitent !!! Je trouvai l'idée géniale. Pour mon bonheur, je n'exprimai pas mon soutien à voix haute car, à ces mots, les deux mères hurlèrent comme des louves à l'agonie. Ces cris électrisèrent le cerveau de mon père qui se mit à carburer comme rarement dans une situation aussi terre à terre. Il se souvint brusquement qu'une grosse poutre avait été oubliée le long du pignon de notre chalet. Pauvre prairie, pauvres fleurs alpines injustement sacrifiées par le piétinement de pieds devenus fous. La course reprit en sens inverse. Mes pieds ne suivirent pas le mouvement général. Mon aide aurait été inutile. Pourquoi se fatiguer ? Je préférai rester sur place pour établir un pont verbal. Tentative nettement plus facile.
Pourquoi n'avaient-ils pas appelé plus tôt ?
Mais... ils avaient appelé. Le bruit du torrent de plus en plus furieux avait empêché qu'on les entende tout de suite.
Et pourquoi étaient-ils restés si tard sur l'île ?
Ils avaient été pris par la construction de leur cabane et n'avaient pas vu la montée des eaux. Et où avaient-ils trouvé les matériaux nécessaires à la construction ?
Dans l'attente des sauveteurs, j'eus droit à des explications détaillées.
A ce moment, les parents arrivèrent, ahanant sous la charge de la fameuse poutre. Un nouveau problème se posa alors. Vu son poids, comment la lancer jusqu'à l'île pour en faire un pont stable ? Nouvelle concertation générale et les deux hommes décidèrent que, s'ils unissaient leurs forces, la puissance de leurs mollets et de leurs biceps leur permettrait de passer en tenant l'avant de la poutre tandis que les trois femmes soutiendraient et feraient avancer l'arrière du bois. Foin de la fureur nocturne du torrent!
Tant qu'à se mouiller, ils auraient pu tenter l'expérience plus tôt, évitant ainsi aux femmes la fatigue du transport de la poutre. Enfin ! On peut les comprendre. La panique leur avait fait perdre toute réflexion cohérente et intelligente.
Ainsi fut donc fait. L'avant de la poutre fut amené sur l'île et soigneusement calé avec de gros galets. L'arrière, déposé sur l'herbe de notre rive, fut, lui aussi bien calé. La traversée pouvait commencer. Ma sœur passa la première, suivie de près par mon père qui, les bras tendus s'apprêtait à la rattraper en cas de défaillance des pieds. Michel et Jacques suivirent sans problème. En tout cas, sans problème jusqu'à la rive où une bonne claque attendait le plus jeune des deux. Cela fait parfois du bien d'éliminer un trop grand stress sur la joue du fauteur de trouble. Trop jeune, je ne le savais pas encore mais la punition me parut justifiée eu égard aux bottines et aux chaussettes complètement trempées des deux hommes.
Nos parents ne nous frappaient jamais. Ce soir-là, cependant, dès son arrivée dans notre chambre, l'une des fesses de ma sœur eut à rougir, et pas un peu, de la frayeur imposée à sa génitrice par son acte inconséquent. Le lendemain soir, nous devions aller déguster une fondue savoyarde dans le restaurant tenu par la famille Killy. Danielle fut exclue des réjouissances et dut rester seule au chalet tandis que tous les autres partaient à la découverte de ce plat que nous ne connaissions pas. La double punition fut cruelle et peut-être exagérée.
En définitive, Michel eut plus de chance que ma sœur dans la répartition des punitions. La gifle était tombée tout de suite et, cet acte mérité, accompli et accepté, il put nous accompagner et s'amuser durant toute la soirée suivante alors que sa copine se morfondait dans sa chambre. Un vrai scout, mais alors scout jusqu'au bout des ongles, aurait demandé à rester aussi au chalet pour partager cette solitude forcée. La tentation de la fondue fut la plus forte. Ce soir-là, le diable avait pris la forme d'un caquelon rempli de gruyère coulant et bien «kirsché». Baden-Powell était mort depuis trop longtemps.
 ...                                                                                                (à suivre)

mardi 23 avril 2013

Je t'aime, un peu, beaucoup ..... pas du tout

passionnément, à la folie...


Du safran à l'apéritif ?

Safran : L'OR ROUGE DES 3 RIVIERES
contacts@or3r.fr
http://.www.or3r.fr

Et pourquoi pas ?
Une petite mayonnaise safranée ne pourra qu'étonner les convives

Bien écraser les filaments de safran avant de les incorporer dans votre mayonnaise
Préparée la veille, celle-ci prendra une belle teinte orangée

Une suggestion : accompagner d'un vin blanc safrané lui aussi... 

...Et un conseil : éviter l'échalote ou les fines herbes qui camoufleraient le goût du safran dans votre préparation

samedi 20 avril 2013

Carpentras, capitale de la fraise

Et malgré le mistral, la pluie, le froid, les producteurs étaient au rendez-vous pour le plus grand plaisir de tous ...



 Plusieurs variétés étaient présentes sur les différents étals, plus attirantes les unes que les autres... Et comme on dit maintenant : "Une tuerie, mes chers amis!"



Malgré un froid peu encourageant, les amateurs s'empressèrent sous les arcades des halles tout comme dans le passage Boyer

                                (Photo prise avec l'aimable autorisation de la maman)
Des plus jeunes aux plus âgés, les vendeurs résistèrent courageusement  au mauvais temps

 

Des produits pour satisfaire tous les goûts...


Sirop de fraise
Carpaccio de cabillaud et rougail aux fraises

Mille feuilles


 Meringues
Gâteaux divers

... et pour réchauffer les coeurs, un orchestre de jazz plus qu'agréable












Les Carpentrassiens ne manquent pas d' imagination et, s'il le faut, on utilise le sèche cheveux pour s'opposer au froid qui fige la fontaine de chocolat
 On finira bien par les déguster ces fraises au chocolat !

Et pour les enfants, jeunes comme plus vieux, des jeux de toujours et toujours appréciés...


En somme, une belle manifestation pour une excellente journée !