jeudi 4 septembre 2014

Séguret, 30 août 2014 - Fête d'Hue vin

...  Ite missa est  ...









Accroché à ses rochers , dominant ses vignobles de toute la hauteur de ses ruelles tortueuses, Séguret, classé "Plus beaux villages de France",  a fêté ses vignerons, ses vignes, ses vins et les chevaux ce 30 août 2014.


Ce fut la septième édition de la Fête d'Hue Vin et ce fut une septième réussite.



Disséminés parmi les vignes, les producteurs ont fait découvrir leurs meilleurs crus aux amateurs venus de différentes régions de France mais également de Belgique, de Grande-Bretagne, d'Italie ou d'Allemagne.





Le parcours pouvait se faire à pied mais également en calèche, avec étape à chaque stand. Dieu merci, les chevaux étaient aussi sobres que leurs compagnons d'aventure, les ânes, et aucune calèche ne versa.




Présents aussi lors de cette fête, les travaux de la vigne, de labour ou de débardage avec ces merveilleux chevaux aux pattes si puissantes.
A les voir au travail, on ne peut espérer qu'une chose : leur réintégration définitive dans les vignes pour un travail écologique et positif dans le respect des sols.











Quant au village, il aurait été bien malheureux de ne pas y avoir musardé au gré de ses humeurs pour découvrir ses venelles, ses calades, ses heurtoirs discrets, les imposantes portes anciennes ou les restes des fortifications. 



















Aucun amateur du divin breuvage n'aura   oublié d' emporter les quelques bouteilles destinées à prolonger l'été provençal dans leurs lointaines et froides (?) contrées.

Et surtout.... !

Quand Namur, Dinant, Liège et Mons font la fête ...
     


mercredi 3 septembre 2014

Souvenirs d'enfance (32) Rentrée scolaire (1ère partie)


            
 
 
 
 
 
 
 
 

Ma vie à Maisières, durant une grande partie de mon enfance, se déroula le plus souvent, non sur les bancs de notre petite école communale, mais dans notre jardin, dans les bois qui jouxtaient l'arrière de ce jardin ou sur l'immense plaine du Camp de Casteau couverte de genêts et de dunes de sable.

Mon père n'aurait pas été aussi laxiste à mon égard s'il n'avait dû faire face à l'entêtement de ma mère quand il s'agissait de mon éducation. Parfois, un sursaut de bon sens le poussait à remonter sur le ring familial pour exiger une scolarisation un peu plus sérieuse. Mais... c'était compter sans moi. Lorsque j'entendais parler de «conduire la petite à l'école demain», j'étais brusquement saisie de douleurs à l'oreille : un début d'otite, sans doute.

Ma goutte d'huile sur le feu familial dans ce genre de discussions ne manquait jamais de venir à bout des arguments paternels. Ma mère, découragée par les nombreuses otites dont j'avais déjà souffert, ne pouvait plus faire la différence entre douleurs réelles et douleurs simulées. A la première plainte, elle excluait toute idée d'école pour le lendemain et les jours suivants.

Je ne manquai jamais d'exploiter à fond ce filon, lorsque j'eus pris conscience de son efficacité.

Et c'est ainsi que, dès mes premières années d'école, ce fut d'une manière très sporadique que mes institutrices tentèrent de m'inculquer quelques notions qui étaient rarement reliées les une aux autres. Je ne garde, de mes trois premières classes primaires que le souvenir d'une leçon de tricot, celui du cours de catéchisme et celui, plus dramatique lui, d'un stylo à encre démonté en cachette et qui tacha mes vêtements d'une manière indélébile. Pour se frayer un chemin dans la vie, c'est assez peu, je le reconnais.


 
 
 Préparatifs

  

  Par contre, de l'école maternelle de Quaregnon, je garde de plus nombreux souvenirs.

     Mon grand-père, quand je venais vivre chez lui, n'admettait pas cette scolarité anarchique. Et il était vrai que, même à Quaregnon, j'allais rarement à l'école, mes parents ayant demandé, tant que je ne fus qu'en âge de section maternelle, que l'on me laissât tranquille dans ce domaine.

     Pour ma grand-mère, Mimi, il allait de soi qu'il fallait respecter la demande de mon père qu'elle affectionnait particulièrement. Pour mon grand-père par contre, il était inadmissible de voir cette situation perdurer même si je n'avais que cinq ans. Il décida donc, lors de l'un de mes séjours prolongés, de m'inscrire à l'école communale du quartier pour une rentrée scolaire normale.

     Tenaillée entre les recommandations  de mes parents et les ordres de son mari, ma grand-mère choisit d'obéir aux ordres et, sans plus discuter, décida de m'habiller et me coiffer d'une manière impeccable pour cette première « rentrée boraine ».

     Dès la veille au soir, les préparatifs commencèrent. Je devais être coiffée avec ce que l'on appelait alors «des anglaises» : c'était des boucles en forme de petits boudins verticaux qui entouraient la tête de l'oreille gauche à l'oreille droite. Mais quel travail pour arriver à un bon résultat ! Mimi, durant une heure, avait pris mes mèches de cheveux une à une, les avait mouillées de bière pour ensuite les enrouler sur des papillotes qui étaient de petits morceaux de papier de soie. Après quoi, un filet en nylon était venu coiffer l'échafaudage du Figaro borain et j'étais montée me coucher avec cet harnachement barbare. 

      «Ne bouge pas la tête en dormant» avait été la recommandation finale. Et comme tout le monde le sait, ne pas bouger durant leur sommeil est à la portée de tous les enfants. 
     Mais franchement ! Allez dormir dans de telles conditions ! Le stress de la découverte d'une école, le lendemain,  ajouté à cette tête d'Apache nécromant et vous pouvez imaginer la figure qui fut la mienne au réveil : des cernes jusqu'aux narines.

     Après une toilette minutieuse, ma grand-mère m'habilla d'une robe claire empesée et repassée avec soin. Bas blancs et chaussures fraîchement badigeonnées au blanc de craie étaient les deux cerises sur le gâteau de la raideur.

La touche finale consista à enlever les papillotes une à une,  à enrouler avec soin chaque mèche autour de l'index et à placer la boucle ainsi formée dans l'alignement des autres. Mon aïeule alla ensuite prendre, dans sa réserve de rubans, un large ruban de taffetas avec lequel elle forma un magnifique nœud de la grosseur d'un jeune chou et vint me l'accrocher au sommet de la tête. A ses yeux, j'étais parfaite de propreté et de raideur, je pouvais prendre le petit cartable en cuir, cadeau d'encouragement de dernière minute, et partir à l'école où elle m'accompagna avec fierté.





(A suivre)

Un mauvais créneau

La vieille dame indigne (vous vous souvenez du film?)

Décidément, sur ce parking du Super U de Vaison, il règne un esprit mauvais, grossier, maléfique même. Quand je m'y gare, il me semble apercevoir l'œil du malin derrière chaque platane.
M'être fait traiter de FEMME par un macho à la petite semaine m'avait, une première fois, laissée perplexe; il était bien évident que, pour cet homme, au vingt-et-unième siècle, la femme ne faisait toujours pas partie des êtres humains; en tout cas pas de ceux que l'on respecte. Vous voyez, le genre d'individu qui « emboutit » sa truie dans une campagne reculée.
M'être fait traiter de connasse par un jeune arrogant qui ne supportait pas de perdre trente secondes pour que je puisse me garer correctement m'avait laissée rêveuse et m'avait permis une révision orthographique du mot.
Et ce matin, la grossièreté, une nouvelle fois, était de sortie.
Mais je dois reconnaître que, cette fois, j'étais un rien fautive. Bon, O.K., j'étais fautive pour m'être garée cinq minutes dans un petit triangle qui n'était pas un créneau autorisé et bien limité.
Cré bon Dieu ! j'avais juste besoin de ces cinq minutes pour déposer mon linge à la laverie et le panier était lourd.
O.K. Cela n'excuse rien !
A mon retour, le gardien du parking, un grand baraqué à la chemise d'une blancheur Persil, attendait; la moustache en bataille, fulminant et prenant le monde à témoin de l'infamie que je venais de commettre, il gesticulait pour mieux attirer l'attention des citoyens les plus proches.
« AÏE ! me dis-je, surtout s'il te fait une remarque, ne réplique pas car tu as tort ! Pas la peine d'aggraver ton cas. Baisse la tête, joue la cagote, fais la sourde, il ne peut quand même pas t'abattre pour un créneau isocèle ! »
Lorsque l'homme comprit que j'étais cette conductrice sans scrupule qui avait osé utiliser ce petit triangle d'asphalte comme créneau, et afin que nul n'en ignore parmi les chalands présents, il s'écria d'une voix de stentor : « Vous êtes mal garée, vous foutez le bordel ! »
« Ooooh ! Ooooh ! Quel vocabulaire me dis-je intérieurement. » et, sans regarder ni à gauche, ni à droite, je remontai dans ma petite Toyote et démarrai.
J'évitai de m'énerver pour ne pas lui rouler sur les pieds, j'évitai aussi de donner des gaz ou de jouer de l'avertisseur sonore. Pas la peine d'envenimer un cas aussi fautivement limpide. A lui seul, le gardien faisait déjà assez de bruit pour pas grand chose.
En fait, moins on a de vocabulaire plus de bruit on doit faire pour attirer l'attention. Ce n'est pas la première fois que je le remarque.
Car il aurait pu dire, ce brave gardien : « Madame évitez de vous garer ici, ce n'est pas un créneau ! » ou « Une prochaine fois, réfléchissez, vous auriez pu bloquer un autre conducteur pressé ! » ou encore «  Alors, Madame, on a oublié ses lunettes et on croit être sur un créneau ? » ou même « Mais qu'est-ce que vous croyez ? Qu'ici, vous pouvez vous garer comme bon vous semble ? Ce n'est pas l'espace Médrano, que diable !» ou, pourquoi pas, « Ecoutez, si le roi est votre cousin, une prochaine fois, je vous réserve deux créneaux ! »
Il y aurait encore bien des façons de dire les choses mais, n'ayant pas l'imagination d'Edmond Rostand, j'arrête là.
Bon, je ne suis pas une super nana dépoitraillée qui hurle d'une voix éraillée dans les parkings souterrains : « C'est moi qui déchire ! », mais si, à septante ans, j'arrive encore à « foutre le bordel », je pense que ce qu'il me reste comme avenir n'est pas perdu et je savoure.

Vous savez à quoi je viens de penser ? Ce monsieur a eu une grande retenue dans ses propos. Imaginez qu'il ait  remplacé le point final de sa phrase par le mot putain comme de nombreux  Provençaux le font souvent !
"Vous foutez le bordel, putain !" 
C'eût été tangent, non ?

Récit sans photos, je n'en ai pas eu l'occasion !

lundi 1 septembre 2014

Le canyon d'Oppedette - 31 août 2014

Le village d'Oppedette suspendu au-dessus de son canyon


Le canyon d'Oppedette

"... tous derrière, tous derrière et lui devant..."
https://www.facebook.com/RandosReilhanette


Depuis l'ère tertiaire, le Calavon (qui, plus en aval, s'appelle le Coulon) prend sa source sur les contreforts de la montagne de Lure, non loin du joli petit village de Banon.
La rivière a creusé son lit dans un massif calcaire, donnant ainsi naissance à un canyon d'une appréciable profondeur de 100 à 150 mètres sur le côté ouest du village d'Oppedette.
Ce cours d'eau est asséché en de nombreux endroits car ses eaux se perdent dans le sol pour réapparaître à Fontaine de Vaucluse, jointes à tant d'autres. Quant au Calavon/Coulon lui-même, c'est à Comont-sur-Durance qu'il rejoint la Durance pour s'y perdre après un parcours de 88 kilomètres.







Et donc, pour la randonée de ce dernier dimanche d'août, Gilles nous entraîna non plus sur le Ventoux ou dans son environnement immédiat mais dans les Alpes de Haute Provence pour nous faire découvrir le canyon d'Oppedette.
Riche idée s'il en fut.

Après avoir longé les maisons d'Oppedette, nous avons abordé le canyon en le surplombant avant d'y descendre. Le départ était déjà impressionnant.





 La remontée sur le versant opposé le fut plus encore : pont naturel, nombreuses beaumes dans les falaises, aven, lapiaz, tout nous fut offert et la matinée comme l'après-midi semblèrent trop courtes pour pouvoir admirer chaque particularité dans ses moindres détails.









Malgré les difficultés présentées par certains passages, celles-ci ne sont pas insurmontables car il faut constater que les aides offertes pour une découverte de ce site sont précieuses pour les randonneurs moins chevronnés : passages cablés, échelle, belvédères sécurisés, chaînes, barres, tout vient à point pour déjouer les difficultés.



Si Gilles nous avait laissés nous asseoir sur le bord du canyon sans nous bouster un rien, l'ensorcellement des profondeurs aurait joué en défaveur d'un retour programmé.








Quelques cairns rencontrés :  simple amusement des randonneurs ou restes de paganisme ? Rien n'est impossible... En tout cas, j'avoue que, quand j'en rencontre un, j'y ajoute toujours ma petite pierre. Cela ne fait de tort à personne et ... on ne sait jamais... 



 Une dernière information intéressante : il semblerait (conditionnel !) que ce canyon ait été utilisé par les protestants de la région pour y célébrer leur culte en étant protégés. A quelle époque ? Je continue mes recherches.






http://www.matvpratique.com/video/2690-gorges-d-oppedette


Rentrée des classes : souvenirs en images

Lorsque nous apercevions les colchiques dans les alpages, ma soeur et moi savions que la fin des vacances approchait et que les échappées sauvages dans la montagne allaient se terminer...

Dès notre retour en Belgique, les bogues fendues des marronniers nous préparaient
à l'imminence de la rentrée des classes
 et à l'arrivée de l'automne.

Deux souvenirs qui perdurèrent tout au long de ma vie.

Hier, j'ai vu les premiers colchiques !
Je n'ai pas touché aux fleurs, je me suis contentée de cueillir quelques brins de nostalgie.