mardi 10 décembre 2013

HOMMAGE à FRANZ MOREAU : Leval-Trahegnies ce samedi 07 décembre 2013



Crédit photos : Danielle Moreau


Christine Bechet lors de la pose des plaques dédiées à Franz Moreau dans les rues de Leval


Les principaux protagonistes,  responsables de l'événement du jour 



Découverte de la première plaque, place de Leval







Willy Burgeon, initiateur heureux
Découverte de la seconde plaque,
rue Albert Ier


Maison natale de Franz Moreau
Découverte de la troisième plaque sur
 la façade de la maison natale


samedi 7 décembre 2013

Souvenirs d'enfance (17 - 1ère partie) Fin de guerre

Fin de guerre




De ma naissance je ne garde comme souvenirs que ceux que ma mère ou ma grand-mère voulurent bien me raconter. Et encore faut-il rester méfiant quant à leur véracité car ma mère avait une telle tendance à transformer les faits en fonction de ses fantasmes qu'il planera toujours un doute concernant ses dires.
Une chose reste certaine, les périodes qui précédèrent et suivirent fin 1943 furent pleines de fracas et de fureur. Non, bien sûr, à cause de ma venue au monde mais en raison d'une guerre qui n'en finissait pas de finir. 
 Et pourtant, mon père, grand rêveur accroché à des espoirs de paix, avait prédit que pour ma naissance, le conflit serait terminé. Ma mère, confiante, l'avait cru et je fus mise en route. 
 Fol espoir déçu ! Erreur de calcul ! Le jour de mon arrivée, les bombardements continuaient ce qui interdit tout déplacement vers un hôpital et obligea ma mère à accoucher sur la table de cuisine de mes grands-parents. Enfin, au moins, là, il faisait chaud et nous n'étions pas dans la rue. De médecin, point. L'homme était probablement occupé à recoudre des blessés de guerre, je n'ai donc rien à lui reprocher. Ce fut Madame Clara, la sage-femme du village, qui officia aidée par ma grand-mère. Mimi, avec son bon sens slave, était toujours prête à retrousser ses manches quelles que fussent les circonstances et la naissance de sa seconde petite fille était, à ses yeux, une circonstance qui en valait la peine.
En ce mois de décembre, la famille n'avait pas encore atteint le bout du tunnel creusé par la guerre mais le chemin parcouru était déjà pas mal long. Semée de privations, de recherches de nourriture, d'une courte fuite en France  devant l'envahisseur et de l'arrivée d'un chien irlandais nommé Jimmy, cette période de leur vie allait laisser plus d'amertume que de joies. Sans vouloir jouer au gros cou, je fus peut-être l'une de ces joies.
Ma sœur, elle, eut bien deux reproches à faire aux optimistes parents qui étaient les nôtres. Deux reproches suite à deux promesses non tenues  : lors de l'annonce de mon arrivée, ma mère avait eu l'idée saugrenue de lui laisser croire que je serais son cadeau de Saint-Nicolas et, absurdité suprême, que je serais un petit frère...

Bon, c'était la guerre et on ne pouvait tout prévoir mais quand même, il y avait eu un grand manque de réflexions chez nos géniteurs. Le six décembre, personne ne frappa à la porte pour apporter le frère promis et Danielle dut attendre jusqu'au huit pour accueillir une sœur. Que l'âne du grand Saint ait refusé d'avancer durant deux jours à cause des bombardements, passe encore, mais lui accorder le pouvoir de transformer un garçon en fille, c'était peu crédible. On comprend la désillusion de mon aînée qui, rapidement tenta de m'éliminer en me vidant un flacon de gouttes nasales dans les narines. La tentative ne fut pas renouvelée et j'y survécus très bien.

1943 - 2013

Ah ! Ah ! Ah ! Pris de court cette fois-ci, les gars, non ?


Et vous voulez des  étapes importantes ?

Décembre 1943



Décembre 1947

Première rencontre au sommet avec Père Noël

Décembre 1948


Rencontre privée avec Saint Nicolas

 Décembre 2013

Retrouvailles après de longues années d'attente... Mais je n'avais jamais désespéré !

Moins d'illusions ? Sans doute
Moins de dents ? Certainement
Moins de projets ? Les projets c'est à perpète
Quelques rondeurs ? Le seul malheur !
Et les rides ? Apparition pas trop rapide
Quant aux amis, les seuls, les vrais, les fidèles, ils ne sont pas de ceux que vent emporte et mon coeur est encore suffisamment solide pour que je les y garde tous




Bisous à vous tous en attendant les voeux de fin d'année


mardi 3 décembre 2013

Souvenirs d'enfance (16 - 3ème partie et fin) Les pétards

Les pétards  (3)



Le résultat fut terrifiant, au-delà de tout ce que nous avions pu espérer. La vieille porte, sous le coup de la déflagration, faillit sortir de ses gongs et continua à trembler quelques secondes. Le bruit sembla se répercuter à l'infini dans toutes les directions de notre quartier. Nous en avions le souffle coupé et, aplatis au sol, nous n'osions plus bouger : nous venions de comprendre que la punition qui allait suivre serait mémorable.
Nous n'avions pas encore tenté de nous redresser que la porte de l'épicerie s'ouvrit avec violence, la vieille arrière-cousine de mon père surgit comme un diable, rugissant de rage, s'en prenant au ciel et à la terre qui supportait le poids de ces enfants infernaux et maudissant les parents sans autorité.
Le ventre proéminent couvert de son coquet tablier de ménagère sans reproche, le cache-cœur en laine brune croisé sur ses gros seins, la mèche grise en bataille, l'œil enflammé de colère, elle entreprit de descendre notre rue et se dirigea droit vers la maison de mes parents. Pourquoi pensait-elle que j'étais seule responsable de l'aventure? M'avait-elle vue ? M'avait-elle entendue ? Mystère! Le fait est que c'est chez nous qu'elle vint porter plainte. Je ne sais ce qui fut dit mais les relations entre mes parents et la cousine en prirent un sale coup et pour longtemps. Quand ma mère dut encore aller faire un achat de dernière minute dans l'officine de cette parentèle, ce fut en pagayant sur un iceberg qu'elle s'y rendit.
Prudents, nous restâmes couchés dans les hautes herbes suffisamment longtemps pour permettre le retour de l'épicière dans son échoppe et ce ne fut qu'après avoir entendu la porte violée se refermer dans un grand claquement que nous prîmes nos jambes à notre cou et rentrâmes chez nous têtes basses pour y subir des représailles bien méritées.
Je ne peux que reprendre les versions présentées par mes amis lors de nos rencontres suivantes mais, par rapport à ce qui se passa chez moi, ce ne dut pas être glorieux.
A Paul, le fils de l'ingénieur, il fut interdit de nous fréquenter plus longtemps. Anne pouvait encore venir jouer chez lui mais lui ne jouerait plus que dans son jardin ou dans la villa.
Chez Étienne, le sermon dura des heures : Dieu ne pouvait admettre une telle méchanceté chez sa brebis et l'égarement récent ne devait plus jamais recommencer et, dimanche, il irait se confesser et avait-il réfléchit qu'il venait de faire sa grande communion? Et... Et... Et...
Monique échappa plus ou moins à la réprimande. Ses parents, nouveaux venus dans la rue, furent tenus à l'écart du drame. De toute manière, quand son père revenait le soir de son travail à l'usine, il valait mieux ne plus l'ennuyer avec les petits problèmes de quartier.
Pour moi ? Mon père, tiré de ses chères études, fulmina comme rarement, suite à la venue et aux plaintes de sa parente. Interdiction formelle me fut faite d'encore acheter le moindre pétard, interdiction formelle d'aller traîner dans le haut de la rue et obligation, pour rester sous surveillance (les bracelets électroniques n'existaient pas encore), de jouer au tennis devant la maison. A mon avis, les punitions furent moins graves que la faute.
Avec le temps, les interdits et les obligations s'estompèrent surtout lorsque les plaintes des voisins qui craignaient pour leurs fenêtres suite à nos matchs de tennis endiablés nous permirent de reprendre du large et d'aller jouer plus loin.

 Des pétards, nous n'en achetâmes plus jamais. La droguerie ne fit pas faillite pour autant et un calme acceptable plana de nouveau sur la rue Félix Nihoul.

lundi 2 décembre 2013

Les vignes rousses



Lundi, 02 décembre, 17 heures


Il aura suffit d'une journée de gel et de quelques jours de mistral pour voir disparaître toutes les feuilles des vignes.
Restent, maintenant, les grapillons oubliés qui sont le régal des grives.
Grives qui, elles-mêmes, si elles n'y prennent garde, termineront en brochettes leur survol de la Provence des chasseurs.
Les merles, eux, ont compris, on en voit très peu.... sauf, bien entendu, les vilains merles qui portent un fusil et tirent sur tout ce qui bouge, laissant derrière eux de longs chapelets de cartouches utilisées et non ramassées.
C'est bientôt l'hiver et la Noël : dans les bois et les vignes, faute de fleurs, des cartouches de toutes les couleurs !