lundi 14 septembre 2015

Pernes-les-Fontaines : Fête des costumes de Provence




"Les petits métiers de la rue" fut le thème choisi pour cette quatrième manifestation organisée à Pernes-les-Fontaines durant laquelle de nombreux participants présentèrent une très grande variété d'anciens costumes de Provence.















Une anecdote bien amusante racontée
par les enfants :
l'obligation d'utiliser des lanternes la nuit.















la vendeuse de
châtaignes
La marchande
de biscuits



Le pêcheur et la poissonnière.
A la ceinture de cette dernière,
la balance pour
peser le poisson.
Aux pieds de la poissonnière, des bas,
bleus à l'origine, devenus mauves
à cause du soleil et de la salinité
de l'air en bord de mer. 


les guêtres , protections importantes
pour le bas des pantalons








Une grande coquetterie
 malgré le métier.
La marchande de rubans. 










Paysan avec son outil à casser
les grosses mottes de terre.
Large palette, l'outil en bois de la paysanne
sert à repousser les grains de blé
lors du battage des céréales. 
























Dans les familles peu aisées, les adolescentes étaient placées tôt dans les "bonnes" maisons où elles servaient
aux menues tâches de la vie quotidienne.

La marchande
de légumes.
La cueilleuse de feuilles
de mûrier (nourriture
des vers à soie)
Chaque famille pauvre
gardait ses peaux de lapins
pour les vendre ensuite.
Le petit cireur de chaussures.

La marchande de balais.
Des moulins à vent
pour les enfants.







Ce fut aussi un régal pour les yeux de pouvoir contempler nombre d'objets de  valeur ayant été utilisés au siècle dernier ou même au XIXème siècle. Ces objets, décorations, tissus, vêtements... étaient mis en vente par les marchands de textiles anciens et les antiquaires.
la croix et
le coeur coulant
petit réticule

bijoux en micro mosaïque

la petite croix en cristal
de roche pourrait
provenir du Briançonnais (?)
décoration en fils d'or
à l'intérieur d'une broche
souvenir d'un jour de
communion


les "claviers" étaient accrochés
à la ceinture des jupes.
A leur chaîne étaient pendues des clés,
des paires de petits ciseaux ....



Quelques heures de nostalgie   durant lesquelles on se dit que, face aux objets modernes en plastique et à la médiocrité actuelle, tant d'amour du travail bien fait, tant de dextérité, tant de petits chefs- d'oeuvre quotidiens sont en train de disparaître pour toujours. 
Car c'est déjà dans les musées que notre génération et celle qui nous suit peut réaliser qu'il fut une époque où l'homme se donnait du mal pour produire du beau destiné à durer des siècles.


Quel homme n'aurait pas rêvé devant
d'aussi jolis jupons ?...



... surtout lorsqu'un saute-ruisseau relevait gracieusement
le bas de la jupe ou de la robe !



rubans ou tissus finement travaillés







magnifique travail
au boutis...
... travail caractéristique
de la région provençale













Les jupes matelassées
A ma remarque constatant que ces jupes devaient
être très chaudes, le marchand me répondit :
"Si elles protègent du froid, elles protègent aussi du chaud !"




Broderie au point de bourdon
Ombrelle travaillée
au point richelieu
































Le costume provençal (très intéressant)
http://www.escolodelaribo.fr/?page_id=16

Le boutis
https://fr.wikipedia.org/wiki/Boutis

Le saute-ruisseau
http://www.citedesarts.com/fr/Aff.php?select_nom=69


Sabots ou galoches ? 
http://www.musee-moutiers.com/article-dabots-et-galoches-98111147.html

dimanche 13 septembre 2015

Mémoires d'instit - Joshua


Ils étaient là, tout mignons, tout beaux, alignés devant moi comme ils peuvent l'être un premier jour de classe. Et dans le regard, cette peur de l'inconnu, cette interrogation muette de ceux qui aimeraient connaître ce que l'avenir leur réserve.
Pas de disputes, pas de bousculades, cela viendrait plus tard. Durant les dernières semaines, les parents avaient dû leur seriner avec une régularité de métronome : « Tu vas entrer en première année, tu deviens grand(e), il faut te conduire convenablement. »
Pour certains, aujourd'hui, se conduire convenablement, c'était retenir son souffle, ne pas lever le petit doigt, garder les pieds sur une même ligne et, dans la mesure du possible, arriver à ne pas desserrer les fesses.
Pauvres poussins qui n'étaient plus sous l'aile de leurs mères poules ! La plupart n'en menaient pas large.
Sauf un !
Dès la formation des rangs, il m'avait fixée droit dans les yeux, les sourcils légèrement froncés, le regard brillant d'insolence. On ne la lui faisait pas à lui ! Il était prêt à me le prouver dès que l'occasion se présenterait.
Je me souviens bien du prénom de ce jeune lascar : Joshua !  
http://morbius.unblog.fr/2012/07/21/retour-vers-les-80s-gremlins-1984/
Joshua* était le plus petit de la classe et, lors de l'attribution des places dans le rang, il se retrouva en tête. Il aima cette position de chef qui mène ses troupes au combat. Cette organisation se fit donc sans récriminations de sa part.
La suite va prouver, qu'avec quelques années de plus, il aurait fini par déposer plainte contre l'Enseignement auprès de la Ligue des Droits de l'Homme.
Arrivés en classe, tout ce fit dans le calme : découverte d'un nouveau domaine, distribution des cahiers et des boîtes de réglettes, choix d'un livre à la bibliothèque etc … etc …
Après leur avoir dit comment je m'appelais et avoir écrit mon nom au tableau, je pris la liste des inscriptions et commençai à nommer les enfants les uns après les autres, leur demandant comment ils avaient passé leurs vacances, d'où ils venaient, ce qu'ils aimaient. En somme, des questions anodines qui permettaient aux plus craintifs de se détendre.
Lorsque je citai le nom de Joshua, c'est Liège et sa banlieue qui vinrent à nous sans coup férir. En une seconde, la classe entière fut imprégnée de cet accent si caractéristique.
En un nasillement sonore, Joshua nous expliqua qu'il venait de déménager, qu'avant, il habitait Seraing où c'était mieux !
Pauvres ploucs de l'étranger, nous étions prévenus !
Ah ! Ça ! il n'allait pas nous laisser l'oublier qu'il venait de Seraing. Et à chacune de ses prises de parole encore ! Qu'il venait d'un quartier où la castagne était monnaie courante, de cela aussi nous fûmes avertis très rapidement. En deux ou trois jours, Joshua s'imposa comme « Le Parrain » de la classe. Qui veut réussir doit commencer tôt !

Et nous voici arrivés à la première leçon de lecture gestuelle. Pour commencer, deux voyelles puis trois que chacun essayait de reconnaître avec rapidité. C'était un jeu, sans plus.
Seul, Joshua ne participait pas. Les yeux baissés, il fixait le sol avec une attention, une concentration qui frisait l'anormal.
-  Allez, Joshua, regarde ma main et dis-moi ce que je te montre, lui demandai-je
-  …
-  Joshua, tu m'entends ? Tu ne veux pas jouer avec nous ?
-  …
-  Mais Joshua, réponds-moi, au moins. Que se passe-t-il ?
-  Tu m'fatigues ! fut la seule réponse que j'obtins.
Un peu têtue, je m'acharnai :
-  Bon, si tu es fatigué, repose-toi. Tu joueras avec nous plus tard.
Plus tard vint et voici ce que je pus obtenir dans une classe où chaque petit retenait maintenant son souffle au prononcé du mot Joshua :
-  Allez, Joshua, cette fois-ci tu vas y arriver
-  …
-  Mais enfin, mon bonhomme, pourquoi ne veux-tu pas essayer ?
-  Je n'tai rien d'mandé, moi !
-  Ah, là, c'est vrai que tu ne m'as rien demandé ! Mais c'est

moi qui te demande quelque chose. Tu veux apprendre à

lire, non ?
-  Nan !
De toute la matinée, il fut impossible d'enrôler Joshua dans aucune des activités proposées. C'était mieux là-bas et il n'en démordrait pas.
Je le pris à part, j'essayai de discuter avec lui, rien n'y fit. Cela dura des jours et des jours.
Lors des initiations à la mathématique avec les réglettes, il se cachait la tête entre les bras pour ne rien voir. Lorsque le bruit des réglettes lui indiquait que ses camarades les rangeaient et que la leçon était terminée, il relevait la tête dans l'attente de la suite des événements.
Un matin, il décida d'attirer notre attention et jetant ses objets scolaires sur le sol. Ce fut d'abord son crayon qui s'envola, suivi de près par sa latte qui, plus lourde tomba plus rapidement. Suivirent le plumier puis les cahiers, les uns après les autres. Un véritable dénis de toute scolarité !
J'avais fait preuve d'une énorme patience durant chaque essai du Cap Canavéral « joshuesque » mais lorsque je vis que la boîte de réglettes allait, elle aussi, prendre le chemin de l'espace, je me précipitai pour éviter cette catastrophe et vins retirer la boîte pour la déposer sur mon bureau.
Exaspérée, je lançai une vilaine pique à l'enfant :
-  Et maintenant, tu peux jeter ce qui reste... si tu trouves !
Il me regarda, ses yeux lançant des poignards. Ensuite, il se jeta lui-même sous son banc où il resta couché, sans bouger jusqu'à la fin du cours.
Il tenait toujours à avoir le dernier mot.

Je fis venir les parents sans résultat. Je fis appel à la psychologue de l'école sans résultat.
Joshua vivait dans un monde qui n'était fait que de négations, d'oppositions et de combats et il ne semblait pas vouloir en sortir.
A la fin du premier trimestre, je me dis que l'année scolaire serait un échec monstrueux pour l'enfant et qu'il devrait redoubler, personne n'étant parvenu à entrer en contact avec cette petite âme révoltée.

Que nenni, ma brave dame ! Joshua n'avait pas encore abattu toutes ses cartes.
Dès le mois de janvier (ne me demandez pas pourquoi), il prouva que toutes mes leçons n'étaient pas tombées dans l'oreille d'un sourd. Il se mit à lire et à calculer avec un léger retard, certes, mais il y parvint. Et d'une semaine à l'autre, ses progrès furent étonnants. A la fin de l'année, il était au niveau des autres élèves.
Incroyable mais vrai, bien qu'ayant toujours refusé de participer aux activités, il avait réussi à mémoriser tout l'enseignement d'un trimestre.

Seul, l'agressivité de son caractère ne s'améliora pas.
Un matin, alors que j'étais entrée en classe la première, suivie par les élèves, je m'apprêtais à fermer la porte lorsque j'eus l'impression d'un vide dans le groupe. Je ressortis à toute vitesse et que vis-je ? Le petit Joshua occupé à tabasser de belle manière le plus grand de tous les élèves. La tête de Joshua arrivait à peine aux épaules de Nicolas. Peu importait. Le petit avait saisi le grand par les revers de son anorak et le secouait comme un prunier. La tête de Nicolas, à chaque secousse, venait heurter l'extincteur du couloir avec un bruit sourd. Et pourtant, le plus grand ne réagissait pas, les bras ballants face à son agresseur. L'emprise de Joshua sur la classe était telle que personne ne lui tenait tête.
Je n'eus que le temps de me précipiter pour séparer les deux élèves. L'empoignant à mon tour par l'encolure de son pull, je tirai Joshua en arrière afin de libérer son camarade qui ne savait que bégayer : « Mais je ne lui ai rien fait, je ne lui ai rien fait ». Ce qui, à mon avis, était pure vérité. Ce grand garçon n'avait en lui que douceur et amabilité.
Pourquoi, Joshua l'avait-il agressé ? Nul ne le sut jamais même après un sermon plus que sévère passé par le directeur.
Peut-être, tout simplement, parce que l'autre était trop gentil ? Avec cette petite teigne sérésienne, rien n'était impossible.

Et, dois-je l'avouer ? Malgré que cet enfant ait été une calamité ambulante, je l'aimais bien ! Il avait une telle personnalité !


lascar nom masculin
du portugais lascarim, du persan lächkär, mercenaire

Joshua 
prénom d'origine hébraïque, qui signifie « Sauveur » ou « il sauve »

Nuages lenticulaires

Avant la pluie et l'orage, alors que le mistral a commencé à souffler, formation de bien jolis nuages lenticulaires en surplomb du village d'Entrechaux.

Photo prise de la nouvelle safraneraie.


Pour Marceau, Alexine, Tamara et Chloé

(vous en prendrez ce que vous voulez ! ) 




Nuages lenticulaires
Les nuages lenticulaires ont une forme très particulière, ressemblant à des lentilles ou à des soucoupes volantes. 
Ils apparaissent lorsque le vent souffle fort en altitude, dans une atmosphère humide. En franchissant un relief, l'air se déplace en mouvements ondulatoires : lorsqu'il monte et se refroidit assez, l'eau se condense et forme le nuage lenticulaire. Ces nuages se rencontrent donc surtout à proximité du relief.



L'altocumulus lenticularis est le plus souvent situé au sommet de la montagne mais peut également être à une certaine altitude au-dessus de celui-ci ou sur les crêtes subséquentes de l’onde en aval. Ils sont le plus souvent associés avec des circulations de direction particulière. Par exemple, en mer Méditerranée, la formation d'un tel nuage indique souvent l'arrivée du Mistral ou de la Tramontane.



Un nuage résulte de la montée d’une masse d’air chaud dans un environnement plus froid. La vapeur d’eau contenu dans l’air se condense alors en fines gouttelettes qui forment le nuage. Cependant la montée d’air chaud est un phénomène turbulent et se fait de manière désordonné. La plupart du temps les nuages ont des formes irrégulières et très variées.  Dans ce contexte, la forme bien dessinée et l’aspect lisse des nuages lenticulaires sont très étonnants. Demandons nous comment peuvent se former les nuages lenticulaires.
Ces nuages sont souvent présent à proximité d’une montagne. Il arrive même qu’ils la surplombent. L’image suivante en montre un exemple avec le mont Fuji protégé par son chapeau nuageux.
On remarque aussi que les nuages lenticulaires s’observent uniquement les jours où le vent souffle de manière intense dans une direction donné. Ces deux indices nous poussent à étudier l’interaction entre un vent fort et constant et un obstacle comme une montagne.
Lorsque une masse d’air rencontre une montagne elle est contrainte de se soulever (Situation A sur la figure 1). Généralement la densité de l’air décroît avec l’altitude dans l’atmosphère. La masse d’air soulevée se retrouve dans un milieu moins dense et retombe  sous l’effet de son poids après le passage de la montagne. Cette chute se fait jusqu’à une faible altitude où l’air est en comparaison plus dense. La masse d’air remonte alors sous l’effet de la poussée d’Archimède (situation B sur la figure 1). Ce phénomène de montée descente se répète plusieurs fois avant de s’atténuer.
Fig. 1 : Interaction du vent avec une montagne
Pour résumer, la présence d’une montagne soulève une masse d’air dense vers une altitude où la densité de l’air est inférieure. La masse d’air soulevée suit des oscillations haut/bas avant de retrouver son altitude d’équilibre où la densité de l’air est égale à celle de la masse d’air déplacée.
Lors de ces oscillations haut/bas, la masse d’air peut être refroidie jusqu’à atteindre son point de saturation en vapeur d’eau. Ceci entraine la formation d’un nuage (au niveau des points A et B sur la figure 1). C’est le fait que ces nuages se forment dans un écoulement d’air sinusoïdal qui explique leur aspect si particulier.
L’explication précédente montre que dans les bonnes conditions, des nuages lenticulaires peuvent se former au dessus d’une montagne et en amont de celle ci.
Ce phénomène est clairement visible sur la photo suivante.
On remarque également sur cette image que les nuages lenticulaires peuvent apparaître à différentes altitudes. Ils forment ainsi une véritable pile d’assiettes renversées.
Si l’observation de ces nuages lenticulaires est si rare c’est que pour que les oscillations d’une masse d’air à l’arrière d’une montagne soient stables, il doit y avoir un accord entre la vitesse du vent et la topologie de la montagne. On pourra apercevoir des nuages lenticulaires uniquement les jours où le vent souffle dans la bonne direction avec la bonne intensité et où les conditions d’humidité permettent la formation de nuages. Ainsi le spectacle fournit par ces nuages reste exceptionnel.