mercredi 26 juillet 2023

Mariage

 

 

Pour Pascal, François et Jérôme

 

 

Cré bon sang ! Mais c'était quand, ça ?  

 

Et c'était qui ?

 

Ma foi ! Quand j'y repense, aujourd'hui, en regardant cette photo,   je souris  et pourtant, sur le moment, ce fut un moment bien peu heureux ... 

Oups, j'oublie d'expliquer :  c'était le jour de mon mariage ... 

Quelques précisions  : A l'époque, Jx (jeté à la porte de chez ses parents) et moi-même étions, non pas pauvres comme Job, mais pas loin. Lui n'avait pas terminé ses études et moi, d'une semaine à l'autre, je décrochais ou pas un intérim de quelques jours dans les écoles primaires des alentours. Les rentrées financières étaient donc minimes et si ma mère ne nous avait pas accueillis, logés, nourris, nous aurions pu vivre sous les ponts... Bien qu'à Mons, ville sans ponts, c'eut été bien problématique...

Comble de "radinerie" due aux circonstances financières, les deux jouvenceaux que nous étions alors,  avions restreint les jouets en latex. 

 

Un jour, il fut donc question de mariage... car nous étions en 1966 ... Les œillères n'étaient pas encore tombées et les filles-mères continuaient à se faire insulter.


Le gag de cet événement se situa chez Prémaman. 

A l'époque, enceinte jusqu'aux yeux, plus moyen d'enfiler le moindre vêtement ordinaire, il me fallait absolument une robe de grossesse si je ne voulais pas me présenter ventre à l'air devant notre bourgmestre montois. 

J'entrai dans le magasin et, répondant à l'accueil chaleureux de l'une des vendeuses, je demandai une robe un rien habillée.

-- Pour quelles circonstances ? me demanda la vendeuse

-- Je dois aller à UN mariage, dis-je,  j'aimerais une  robe un   peu coquette. 

Le choix fut vite fait : une robe légère en coton et mousseline bleu marine me parut parfaite. 

Lorsque je m'apprêtai à quitter le magasin avec ma jolie robe sous le bras, j'entendis les vendeuses me crier : "Bon amusement ! Profitez bien de cette fête !"  Que répondre d'autre, même si un rien d'amertume avait envahi mes pensées ?  "Merci ! Je vous remercie bien !" 


Le jour du mariage, la solidarité des amis joua au maximum. Une amie de ma mère, coiffeuse de profession, m'offrit et m'élabora cette si jolie coiffure et un ami de mes parents, photographe de son métier, nous offrit les photos de mariage. 

Ma sœur me prêta des boucles d'oreilles, il n'en fallait pas plus. 

A la maison communale, notre famille se trouva à l'avant de la salle tandis que mes beaux-parents se placèrent loin de nous, à l'arrière. 

Aucun salut , aucun sourire. Chacun pour soi et la haine pour tous . Mais bon ! Jx et moi fîmes bonne figure. Il suffisait de tenir durant une petite demi-heure. Ce qui fut fait. 

Après le oui traditionnel, ma mère, ma sœur , nos amis d'études (témoins) et moi partîmes récupérer nos grands-parents pour aller dîner dans un restaurant chinois où j'avais retenu une table pour l'occasion. 

Pour mon grand-père, manger un menu chinois fut probablement l'un des grands moments de la journée. Ma grand-mère, elle, avait un caractère qui lui permettait de s'adapter à toutes les circonstances de la vie, ce qui lui permit de trouver un charme certain à ce repas non traditionnel.  

Pas de discours, pas de pièce montée mais ma famille qui faisait bloc autour de nous.

Voilà ! ce fut le jour de mon mariage.


 A travers tous ces souvenirs, un  immense désir de remercier tout d'abord ma mère, où qu'elle soit, qui jamais ne lâcha prise  afin de nous aider. Merci à Odette Michel et merci à Marcel Lefranc . 

 

 

 

samedi 22 juillet 2023

Pierre Quertinmont et Béatrice Bougard exposent à Gigondas

 

 

 
En ce moment, très belle exposition à voir à Gigondas
Pierre Quertinmont travaille ses photographies jusqu'à obtenir des œuvres flottant entre rêve et réalité.
 


  
 
 

 

 




















 

 

 Les aquarelles de Béatrice Bougard











 

 

 

 

La femme du pasteur - Joanna Trollope

 

 

 

 J'ai vraiment aimé 💗

 


Résumé

 Un très bon roman sur une femme qui remet en cause les conventions de son rôle d'épouse de pasteur, ce qui va bouleverser tout le quotidien de sa famille mais aussi du village. M'attendant à un livre romantique (d'après le résumé) j'ai été très surprise de découvrir le personnage d'Anna, une femme forte, intelligente, qui décide d'acquérir pas à pas son indépendance. Par un style clair, sans fioriture, Joanna Trollope nous livre une description des terribles mœurs villageoises mais aussi un portrait féminin qui revendique son statut d'être humain et non de chose appartenant à son mari. 
A lire !                Dark Tales  

 

Extrait 

"- Bien sûr, dit le colonel en retirant sa main. C'est naturel pour une mère. Tout à fait juste. Mais vous êtes la femme du pasteur avant d'être mère. L’Église passe avant les enfants. Vous devez donner l'exemple, si vous préférez.

- Oh non !

Il la regarda, éberlué.

- J'ai épousé un homme, pas son travail, dit Anna en reprenant presque les mêmes mots que vingt ans auparavant. Je ne suis pas un moteur d'appoint. Je suis un autre bateau.

- Je ne vous comprends pas...

- Ma reconnaissance est sincère. Vous êtes gentil et nous vous aimons beaucoup. Mais vous êtes tellement habitué à une indépendance incontestée que vous oubliez combien de gens n'en jouissent pas, des gens qui, en termes humains, je dirais même en terme chrétiens, ont tout autant de droits que vous à cette indépendance. L’Église ne le comprend pas du tout. Je suis la femme de Peter, pas un vicaire bénévole. Et je suis la mère de Flora, ce que je place très haut dans mes priorités."

                                                                                           Extrait choisi par  Dark Tales      


 

 

Biographie de l'écrivain 


http://evene.lefigaro.fr/celebre/biographie/joanna-trollope-5908.php  

 

 

 


 


jeudi 20 juillet 2023

Henri Tachan - La chasse .....

 

 

  «Le lion est lâché. Écoutez le rugir... Celui-là rugit fort et rugira longtemps...». C’est ainsi que Jacques Brel voyait Henri Tachan qu’il avait aidé au début de sa carrière. L’auteur-compositeur-interprète à la veine libertaire - et aux textes tantôt grivois et scandaleux, tantôt tendres - est décédé le 16 juillet à l’âge de 83 ans.

 

 

Tachan et Charlie Hebdo, raconté par Cabu - inédit -15 mn

https://www.youtube.com/watch?v=19CPGNBoDSc 

 

 

 

 

 


 

 

https://www.youtube.com/watch?v=PQdnGUQni6k 

 

La  chasse

Sur une boîte de conserve sur un pigeon d'argile vingt dieux c'est pas pareilPour les chasseurs les vrais il faut de la chair tiède avec du sang vermeilPour les chasseurs les vrais il faut que ça palpite de plumes et de ramageIl faut que ça ait peur il faut que ça se sauve bref que ce soit sauvage
 
La ChasseC'est le défoul'ment national c'est la soupape des frustrésLa ChasseC'est la guéguerre permise aux hommes en temps de paix
 
Chaque mois de septembre le plumet au chapeau ils partent comme en QuaranteRanimer la flaflamme du Chasseur Inconnu qu'avait du poil au ventreEn carte comme les putes ils draguent à Rambouillet ils tapinent en SologneMais quand ils tirent leur coup le client de passage se réveille charogne
 
La ChasseC'est le défoul'ment national c'est le coït des frustrésLa ChasseC'est la guéguerre permise aux hommes en temps de paix
 
Regardez-les marcher l'arrogance au visage le coeur sur la gâchetteCes spadassins rentrés ces héros d'Épinal ces tueurs de fauvettesRegarder les marcher ces Zaroff de banlieue ces Hemingway d'NeuillyVers le trou à lapins vers la mare à canards y faire leur safari
 
La ChasseC'est le défoul'ment national c'est la Villette des frustrésLa ChasseC'est la guéguerre permise aux hommes en temps de paix
 
Les soldats ça s'enraye les soldats ça se rouille c'est comme les carabinesTon service militaire tu l'continues plus tard à coups de chevrotinesPour le chasseur français y avait le perdreau boche ou le lièvre fellouzePour le chasseur franquiste l'anarchiste rouge-gorge et la chienne andalouse
 
La ChasseC'est le défoul'ment national c'est le p'tit Vietnam des frustrésLa ChasseC'est la guéguerre permise aux hommes en temps de paix
La ChasseC'est le défoul'ment national c'est le p'tit Vietnam des frustrésLa ChasseC'est la guéguerre permise aux hommes en temps de paix
 
 
Source : Musixmatch
 
 
 
 

 
 
 
 

Henri TACHAN-La tendresse

https://www.youtube.com/watch?v=1mWlPswW4Jk


Henri Tachan sur scène 2008 - 21. Une pipe à pépé

https://www.youtube.com/watch?v=ORIGVIs7Ss8

 
 
 
 

HENRI TACHAN La Censure.

https://www.youtube.com/watch?v=gFEdqUVMj_E 

 
 
 

HENRI TACHAN Mozart, Beethoven, Schubert et Rossini_

https://www.youtube.com/watch?v=XHzkYWbjSfA 

 
 
 

Henri Tachan - Lorsque je serai vieux

 https://www.youtube.com/watch?v=Ez09sweMg20

 
....................
 
 

 

samedi 15 juillet 2023

Le petit peuple des lavandes

 

 

 
 

 
Un Moro-sphinx et un Sphinx gazé dans les lavandes ???
Non !  ils n'étaient pas seuls !    ce matin, ils étaient une dizaine à partager l'espace lavande avec des "abeilles noires" (mais ce ne sont pas celles que l'on voit dans les ruches, celles-ci sont vraiment noires. D'ailleurs, je ne suis pas certaine que ce soit des abeilles ...)
 
 
 

 

 
 



Et un superbe Sphinx gazé !















 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
Petite vidéo :
 
 
 
 
 
 
Concernant le Sphinx gazé: 
 

 

mercredi 12 juillet 2023

Turin .... maudite sortie ...

 

 

 



 

Je ne sais comment je m'y prends mais, en Italie, les sorties d'autoroutes à péage me posent un réel problème ...  

Trois expériences négatives dans la ceinture autoroutière de Turin en sont les preuves.

Je passerai sous silence les deux premiers traumatismes car, par comparaison, ils furent moins graves que le troisième.  

En fait, comme je me trompe chaque fois de file à l'entrée des péages, je passe sans recevoir de ticket.

Stressée, je le suis immédiatement mais, mon esprit rejetant les problèmes de sortie à plus tard, à bien-in-in-in , plus tard, je me dis : " Roulons toujours, on verra après... ! "

Comme on peut le comprendre, je tente chaque fois la zen attitude. 

Lorsque, pour la troisième fois, je montai sur l'autoroute à Milan en direction de Turin, je me trompai encore de file ! 

Pourtant, ce matin-là, je fis un effort énorme pour choisir la bonne entrée : "Ne te trompe plus de file, cette fois ! N'oublie pas les problèmes précédents pour sortir sans ticket ! Ne réitère pas l'expérience ad vitam æternam ! "  Je matraquai mon cerveau de conseils, de souvenirs sinistres, d'images stressantes...  à tel point que la masse grise se bloqua totalement et laissa tout raisonnement pratique aux seuls éléments vivants capables d'encore réagir : mes yeux. 

Donc quand ces derniers virent le panneau sur lequel apparaissait le dessin de deux tickets, ils me guidèrent vers cette entrée qui ne pouvait qu'être la bonne...

"Ticket ! Ticket ! Ticket !" chantaient les yeux à la place du cerveau. "Oui, c'est par là, c'est par là ! Passage salvateur nous voilà !"  

Maudite ! Pourquoi avoir suivi ce conseil visuel sans redonner le pouvoir au cerveau ? 

Bon ! c'est ainsi.... J'engageai donc ma voiture vers le  couloir étroit. 

Arrivée près de la barrière, je constatai avec horreur qu'une fois encore aucun distributeur ne me tendait un ticket magnétique et que la barrière se soulevait, m'invitant à passer. 

Je venais de choisir la file des automobilistes possédant un badge de péage...

Trop tard, je ne pouvais plus reculer, d'autres véhicules arrivés derrière le mien attendaient, eux aussi, de pouvoir s'engager.

Le stress nouveau ne m'empêcha pas de penser : "Roulons toujours, nous verrons plus tard..."

Max et moi avons donc roulé, roulé, roulé jusqu'à Turin. 

Arrivés là, la fluidité de la circulation et le peu de voitures me firent croire  que, si je choisissais la borne de péage la moins recherchée et si personne ne me suivait, j'allais pouvoir expliquer mon erreur à mon aise. 

L'une des bornes de péage étant entièrement libre, je me dirigeai  vers celle-là.

A peine engagée, je constatai avec désespoir qu'une, puis deux, puis trois voitures avaient suivi la mienne. Pourquoi ? Mais pourquoi ne s'étaient-elles pas dirigées vers les autres bornes tout aussi libres ? Esprit grégaire semble-t-il mais, pour moi, une vraie malédiction ! J'allais devoir m'expliquer très vite et en français et non en italien, bor...el de m...de de salo...rie de cochonnerie !  (tout le monde a déjà remarqué au moins une fois dans sa vie que jurer soulage bien fort et plus vous êtes grossier, plus cela soulage...) 

J'appuyai immédiatement sur le bouton d'appel au secours et, dès le déclic et une première question en italien, je m'écriai en français : "je me suis trompée de file à Milan et je n'ai pas de ticket pour sortir !"

Oups ! on ne m'avait pas comprise ... Seconde et même question... je répètai ma phrase explicative plus lentement et en articulant bien. 

Aïe ! troisième question... je devais être en communication avec une IA... Inutile donc de tenter de me faire comprendre. 

Je pris mon courage à deux mains, sortis de ma voiture et me dirigeai vers les véhicules qui me suivaient en leur faisant signe des deux mêmes mains de reculer pour que je puisse me dégager et les laisser passer.

Goguenard, le premier conducteur me répondit : "È proibito ! È necessario inserire il biglietto e pagare ! " Bon celui-ci, malgré son sourire étincelant, ne serait pas mon sauveur. 

Effondrée, je revins à ma voiture, remontai et appuyai une nouvelle fois sur le bouton d'appel au secours. C'est à ce moment que, chose rare chez moi, je sentis de grosses gouttes de sueur glisser sur mon front et atteindre mes  yeux félons. Ma vue se brouilla durant quelques instants. 

Peut-être y avait-il une camera dans une lointaine cabine de surveillance ? Peut-être  le personnel de service commençait-il à réaliser qu'une femme en perdition était en train  de bloquer l'une des sorties ? Brusquement, vers son sommet, alors que je ne m'y attendais pas, la borne de péage éjecta un long ticket blanc comme si elle me le crachait à la figure avec tout le mépris de la compagnie des autoroutes italiennes. 

Ce ticket tomba en valsant de droite et de gauche, emporté par un petit vent follet.

Vite, je tendis mon bras par la fenêtre de la voiture et tentai de l'attraper.

Raté ! Le ticket termina sa chute sur le sol. 

Bon ! Il suffisait de le ramasser de payer et, enfin, de pouvoir démarrer et quitter cette autoroute  satanique. 

J'ouvris la portière, me penchai bras tendu et ..... rien de rien sur le sol.

C'était l'horreur à son acmé. Je n'avais pourtant pas rêvé, ce ticket, je l'avais bien vu sortir, virevolter et me passer sous le nez ! 

Cette fois, je ressortis de la voiture. Le vent avait dû le pousser sous la carrosserie. Je me penchai mais ne vis rien. Ni coincé contre un pneu ni vers le centre, ni à gauche, ni à droite, pas de petit papier blanc. 

Durant une fraction de seconde, je me sentis en état d'hallucinée ayant fait face à une vision christique et revenant brutalement aux réalités de la vie quotidienne.

Perdant alors tout sens de l'honneur, sous les yeux des automobilistes suivants qui observaient les péripéties de l'aventure têtes sorties et cous tendu au maximum, je me mis à genoux, les mains à terre, les fesses dressées vers le ciel, le crâne presque engagé  sous la voiture. Je tentai de voir le plus loin possible, en vain  ... RIEN ! Niente di niente !  

Sans perdre mon petit reste de courage, je me relèvai et, sans regarder vers l'arrière, je contournai ma Toyota et je découvris enfin le ticket anarchiste en train de se barrer comme un hypocrite vers la droite, aidé en cela par un souffle de vent doux mais efficace.

Ça, mon bonhomme, tu allais me le payer ! Et c'est en l’aplatissant au sol d'un pied rageur que je finis par le récupérer.

Bizarrement, derrière moi, aucun applaudissement... Ce fut un rien décevant, je venais pourtant de fournir au publique un spectacle gratuit de folie douce. Bon ! l'attente fut longue  mais le spectacle de l'étrangère à quatre pattes et cul en l'air valait le coup, non ?

Je supposai que la recherche du ticket dut être suivie sur l'écran  de surveillance car, dès mon retour face au volant, je vis la barrière se dresser comme un doigt réprobateur et je pus enfin quitter cette borne de péage, libérant, par la même occasion, tous mes suivants. 


Une remarque  en passant : on dira ce que l'on veut de l'effervescence permanente des Italiens. C'est une idée reçue et souvent méprisante. Dans mon cas, durant toute ma recherche du fameux ticket, je n'ai pas entendu un seul coup de klaxon, pas une remarque réprobatrice, pas un cri d'énervement. Quelle patience... !