vendredi 12 septembre 2014

Souvenirs d'enfance (32) - Rentrée scolaire (3ème partie)

Les souvenirs que je raconte ici sont véridiques mais, pour une enseignante sadique qui passa durant quelques jours dans ma vie, combien ont été bien plus à la hauteur de leur tâche ! Comme dans tous les métiers, les personnes les plus nombreuses ont une pratique de leur métier tout à fait correcte mais quelques unes, malheureusement, sont des brebis galeuses. Mademoiselle Danièle en était une.
Et, si l'on tient compte de l'époque (1948), les punitions corporelles étaient, sinon admises, du moins tolérées et les humiliations faisaient souvent partie du système éducatif.

En classe

La première matinée ne me parut pas insurmontable. Un modelage en «plasticine», quelques essais avec les crayons de couleur et des gommettes à coller firent partie des activités importantes. Le bémol fut l'odeur si typique d'une classe de jeunes enfants : mélange de papier neuf, de craie, mais, par dessus tout, d'urine vieillie véhiculée par les plus malpropres. Des malpropres et des incontinents, j'eus l'occasion, par la suite, de découvrir qu'il y en avait quelques uns dans la classe.
Après le dîner, accompagnée par ma sœur, je revins à l'école mais la fin de la journée d'école fut loin d'être aussi calme que la matinée.
Le cours commença par du dessin. J'aimais dessiner et je m'appliquai de mon mieux. A ma gauche, un garçonnet s'appliquait autant que moi mais, après quelques minutes, fatigué d'utiliser sa main droite, il fit passer le crayon dans l'autre main pour continuer le coloriage de sa feuille. Quand Mademoiselle Danièle aperçut le changement de main, elle sortit une cordelette de l'un des tiroirs de son bureau et vint lier le bras gauche du fautif au dossier du banc. Nul ne devait s'imaginer une seconde que la révolte des gauchers allait venir contaminer notre classe. C'est ainsi que je me retrouvai assise sur le banc de tortures où l'on mettait à mort le grave défaut des cerveaux qui fonctionnaient en sens contraire. Je découvrais que, dans cet univers enfantin, la chasse aux sorcières avait cours. Dieu merci, j'étais droitière. Pour moi, le monde continuerait à tourner sans douleur.
Un peu avant la récréation, un autre petit garçon demanda l'autorisation d'aller aux toilettes. La réponse fut négative. Cette révolution urinaire ne passerait pas non plus. Où serions-nous allés, dans cette classe, si Tatie Danièle n'avait été là pour maintenir l'ordre ?
Taraudé par son besoin urgent, l'enfant s'oublia sous son banc. Peut-être que l'incident serait passé inaperçu si, pour son malheur, reconnaissant ouvertement ce méfait involontaire, il ne s'était mis à «braire» comme un âne.
Tous les regards convergèrent vers lui mais surtout ceux de Mademoiselle Danièle qui n'allait pas laisser son autorité être battue en brèche par un gamin malpropre. Elle traversa la classe au pas de charge, empoigna le fauteur de trouble par le bras et, l'ayant extrait de son banc, alla le coller contre l'un des murs de la classe. Avec horreur, j'assistai à la punition du fautif. Le slip sali et jaunâtre fut retiré d'une main experte et placé sur la tête du coupable qui dut rester, ainsi coiffé, jusqu'à la fin du cours. Ni ses sanglots ni ses gémissements ne firent fléchir le Cerbère qui nous servait d'enseignante.
La crainte qui venait de m'envahir m'interdit alors le moindre mouvement capable d'amener Mademoiselle Danièle à s'occuper de moi. Lors de l'hérésie urinaire, j'étais occupée à tisser des bandelettes de papier glacé de couleurs vives. Mes regards ne quittèrent plus mon travail jusqu'à la récréation. Bandelette après bandelette, je tissai, je tissai, je tissai, osant à peine respirer. Il faut dire que l'odeur qui flottait dans la classe n'incitait pas à des exercices respiratoires capables de développer le volume pulmonaire.

Enfin, la cloche tinta et annonça la récréation. Nous nous précipitâmes à l'extérieur avec un soulagement certain et les jeux s'organisèrent dans une explosion de joie.





(à suivre)

mardi 9 septembre 2014

Le coucher du soleil romantique - Charles Baudelaire (les épaves)



Mérindol les Oliviers - 9 septembre 2014 

Il suffisait d'attendre...

... que le mistral souffle ...



... pour que mon ami le figuier m'offre une récolte magnifique étalée à ses pieds.
Paresse de retraitée  ou "fare niente" du sud ?
La traduction française de "douce oisiveté" me plaît beaucoup et je vais y ajouter une "douce gourmandise".

lundi 8 septembre 2014

Super lune du 9 septembre


Je ne suis pas remontée au Ventoux à cause de l'orage. Cré nom d'une pipe ! à 22 heures, cela à "pété" comme j'ai rarement entendu. J'ai failli tomber de ma chaise ! Un énorme craquement sec comme quand on fait éclater un pétard de table à la Noël mais avec le bruit multiplié par cent.

3 heures 30
Les nuits de super lune, mon appareil ne photographie que dans un flou total.
Intéressant quand même : la pinède est éclairée comme au petit matin !
J'ai découvert que les gros escargots profitent de la nuit pour monter au sommet du laurier rose. Pour eux, cela doit ressembler à l'escalade du Ventoux, en plus sinueux. Je me demande combien de temps ils mettent pour y arriver. 
La moitié de la nuit pour y monter, l'autre moitié pour en redescendre probablement car, au matin, je ne les vois jamais si haut perchés.
C'est leurs petites vacances : de là, ils ont une vue magnifique sur les vignes environnantes et sur la piscine.





Mante religieuse d'un soir

Je le reconnais volontiers, je suis amoureuse des mantes religieuses !
Hier, petit bonheur du soir, la toute belle est apparue dans mes lavandes pendant que j'arrosais.
Habillée d'un long fuseau Armani couleur taupe, chaussée de fines bottes rousses, de longs gants étoilés aux pattes avant, elle était là dans toute sa splendeur !
Et qu'importe qu'elle croque son mâle en mezza noche, elle est trop belle, on lui pardonne.














J'ai tendu la main; pas effrayée, la belle a accroché  l'un de mes doigts puis un autre et s'est hissée dans ma paume avant de profiter de la hauteur offerte pour aller faire un tour sur l'olivier tout proche.

Une petite vidéo ? J'ai trouvé celle-ci sympa car elle ne lance aucun discrédit sur l'insecte :
https://www.youtube.com/watch?v=EA2YZZu0Oxk

Une autre vidéo super, la mante religieuse au fromage ! :
https://www.youtube.com/watch?v=ck5ncC6HHDk

vendredi 5 septembre 2014

Souvenirs d'enfance (32) - Rentrée scolaire (2ème partie)

                 L'école

    L'école communale se situait à l'arrière des maisons et des jardins et, pour y accéder, il fallait longer une étroite allée de cendrée rouge. 
     Coincée entre le mur d'un jardin, à gauche, et le pignon de l'habitation de droite, cette venelle était assez longue et j'eus le loisir d'y admirer une magnifique vigne vierge déjà touchée par les couleurs de l'automne. Ma grand-mère me laissa ramasser quelques feuilles rouges tombées au sol et c'est avec ce bouquet coloré que je fis mon entrée dans la cour de récréation.
     Les bruits, les cris, les rires des enfants nous étaient déjà parvenus pendant que nous longions l'allée; en débouchant dans la grande cour, ce fut un tourbillon de jeux et de courses que je découvris.
     Sur la droite de la cour trônait un magnifique marronnier sous lequel avaient déjà roulé des dizaines de graines fraîches, brunes, brillantes   qui présentaient, aux mains avides des petits, le velours grège de leurs  ventres  ronds . C'était tentant en diable mais, la gorge serrée par la peur de l'inconnu, je ne désirais pas quitter l'ombre de ma grand-mère. D'un pas certain, elle se dirigea vers Mademoiselle Danièle, la maîtresse de la classe maternelle, qui, à l'ombre du grand arbre, surveillait la marmaille piaillant autour d'elle tout en discutant avec une collègue.
     Lorsque les présentations furent faites, ma grand-mère me proposa d'aller jouer avec les autres enfants. Profitant d'un moment d'inattention de ma part, elle me laissa, pour rejoindre le domicile familial . 
      Mademoiselle Danièle, indifférente à cette nouvelle enfant que l'on venait de lui confier, ne s'occupa plus de moi et reprit sa conversation avec sa collègue. 
     Lorsque j'eus constaté la disparition de mon aïeule, je n'osai plus me déplacer et restai alors sans bouger, livrée à moi-même, incapable de m'insérer dans les jeux; je ne connaissais personne dans cette cour en dehors de ma sœur. Intégrée de longue date, elle s'amusait avec les élèves de sa classe sans se soucier de moi. C'est à ce moment-là que mes larmes commencèrent à couler. Je me sentis totalement isolée au milieu de l'exubérance des enfants de mon âge. 
      J'aurais bien aimé jouer mais comment faire quand   la main droite tient un cartable, que la gauche serre un bouquet de feuilles si belles      et que l'estomac est broyé par l'angoisse de l'inconnu ?  Mais surtout, quand, sur la tête, un chou blanc   cherche à se désolidariser de la coiffure et qu'aux pieds, les chaussures blanches doivent     rester immaculées.

     Gourde empesée, je l'étais en arrivant dans la cour, gourde triste, je le restai jusqu'au tintement de la cloche annonciatrice de la fin des jeux et du travail à venir.   

(à suivre)

jeudi 4 septembre 2014

Le 27 septembre : "Nettoyons le Ventoux"

Rejoignez-nous et, par la même occasion,   participez à une oeuvre utile tout en passant une matinée très conviviale !



Chacun apporte ses gants. 
Prendre un coupe-vent et de bonnes chaussures.
Ne pas oublier sa bouteille d'eau.

Pour vous inscrire :