jeudi 8 août 2013

mercredi 7 août 2013

Pour le Club des 5 A (l'orage arrive)

L'orage arrive


Ce soir, c'est certain, l'orage va éclater et ce ne sera pas vraiment jojo pour les oiseaux, les lézards ou les loups du Ventoux !
Depuis une heure le tonnerre gronde à l'horizon et les éclairs ont commencé dans le fond du paysage, au ras des collines.
Alerte orange ont-ils dit à la télévision. Mais parfois, même sans alerte, les orages, ici, sont d'une telle violence que l'on a l'impression d'être au coeur d'un combat rempli de déflagrations et de coups de canon.
Dernièrement, la nuit, le premier coup de tonnerre a été si violent que je me suis retrouvée debout à côté du lit en une fraction de seconde : j'avais cru que les chats avaient fait tomber une pile de vaisselle dans la salle à manger. C'est ainsi qu'un jour, j'aurai un arrêt cardiaque et personne ne pensera plus à l'orage précédent. On dira : "La pauvre ! Elle avait le coeur fragile mais n'en disait rien". Tu parles, Charles !!!
Houlà ! La pluie attaque et l'horizon est devenu jaune.
Allez, je vous dis à plus !
Mes cocos, vous savez combien j'aime les orages. Ce soir, je vais me régaler....en espérant qu'il n'y ait pas un nouveau départ de feu dans la forêt de Malaucène.


Une éclaircie de quelques minutes. Elle valait le coup même sous la pluie !

Les histoires d'Alexandra (2) (erreur de jugement)


Erreur de jugement
Gaston

Au début de leur mariage, mes grands-parents partirent vivre au Caucase. Mon grand-père y avait trouvé un emploi d'ingénieur chimiste dans une usine de la région. L'opportunité qui s'était présentée était alléchante : un bon salaire, une maison de fonction et des serviteurs affectés aux différentes tâches domestiques. Pour démarrer dans la vie, que demander de plus ? La jeune mariée de seize ans fit ses adieux à sa famille et suivit son époux, Gaston, vers les montagnes du Sud et vers sa nouvelle vie.
Alexandra
Malgré l'éloignement qui lui serra le cœur les premières semaines, l'installation fut bien agréable et Alexandra se fit vite à la vie caucasienne. Dès leur arrivée, sa gentillesse naturelle, sa beauté et sa jeunesse charmèrent tout le monde. La cuisinière la choya, la femme de chambre n'avait d'attention que pour elle et, à l'usine, lorsque mon grand-père vint la présenter, l'accueil qui lui fut fait lui alla droit au cœur. Vraiment, son intégration se fit rapidement et dans la joie.
Située dans une vallée, à la fin du village, entourée d'un bel espace de verdure, leur villa en bois avait vue sur les contreforts de la montagne et les sentiers qui y menaient. Ma grand-mère, habituée aux immenses steppes qui ondulaient à l'infini autour de la maison de son enfance, trouva un intérêt, renouvelé chaque jour, à découvrir cet environnement si différent.
C'en était fini des champs de tournesols dont elle grignotait les graines lors des incursions qu'elle y faisait avec son frère et ses sœurs. Terminés aussi les chapardages de pastèques que l'on explosait sur une pierre pour ensuite s'en désaltérer après des baignades endiablées dans la mer d'Azov. L'enfance s'était achevée le jour de son mariage. Alexandra avait maintenant à assumer ce rôle très récent de maîtresse de maison. Elle qui, enfant comme adolescente, avait toujours cherché à s'appliquer du mieux possible face aux devoirs à accomplir, prit ses nouvelles fonctions très au sérieux.
Cependant, la prime jeunesse était encore trop proche et les souvenirs qui s'y rattachaient imprégnaient de romantisme ses nombreuses rêveries lorsque son mari était absent.
Un après-midi, ma grand-mère brodait près de la fenêtre du salon, levant de temps à autre les yeux vers la montagne proche. Profitant de la lumière qui baignait arbres et fleurs, allongeait des ombres vertes sur les sentes et couronnait chaque plante de ce poudroiement doré de l'été, elle savourait le bonheur du moment, tantôt tirant l'aiguille, tantôt observant le paysage.
Brusquement, une vision : descendant de la montagne, un cavalier prestigieux se dirigeait vers sa demeure. Bien assis sur un magnifique cheval noir à la robe lustrée, le fusil en bandoulière, les cartouchières sanglées en croix sur la poitrine, l'homme approchait. Coiffé d'un bonnet en astrakan, vêtu d'une longue veste en lainage bleu dont l'encolure en V laissait voir une chemise blanche et d'un pantalon large serré dans des bottes de cuir fin , il chevauchait tout en souplesse, une main tenant les rennes longues, l'autre main posée sur la cuisse. Suivant la coutume régionale une moustache encadrait la bouche tandis que le menton disparaissait dans une multitude de minuscules ondulations noir jais. Les yeux très sombres et légèrement bridés, semblaient évaluer la qualité de la demeure vers laquelle il avançait.
(carte postale envoyée de Russie par
mon grand-père à sa mère en Belgique en 1913)

Tout, dans la tenue, le port de tête et la qualité de la monture indiquait des origines nobles. Une telle prestance ne pouvait qu'être celle d' un prince.
Alexandra, en grand émoi, se persuada immédiatement que le visiteur, ayant appris sa récente installation dans la région, venait lui rendre hommage. Passant de l'émotion vive due à sa jeunesse à la reconnaissance de ses obligations de maîtresse de maison, elle se leva, se dirigea vers le hall d'entrée et appela sa servante pour que cette dernière aille ouvrir la porte. L'homme devait être accueilli avec dignité.
Le cavalier mit pied à terre, salua ma grand-mère en penchant le buste, la main sur le cœur et avança vers l'intérieur de la villa à l'invitation de cette élégante jeune femme.
Il prononça son nom et ajouta qu'il venait du village de ... mais s'en tint à ces quelques mots, semblant attendre de son hôtesse qu'elle prenne la décision de poursuivre la conversation. Ce qu'elle fit en l'invitant à l'accompagner dans le salon. L'homme ne bougea pas. Ma grand-mère, perplexe devant ce mutisme et le manque de réactions inhabituels chez un visiteur de marque, s'apprêtait malgré tout à faire apporter du thé, du miel et des confitures lorsqu'elle réalisa, à la vue de l'étonnement du beau cavalier, qu'il y avait maldonne. Il semblait que son invitation à entrer plus avant dans la demeure ne pouvait être acceptée. Elle s'enhardit et demanda donc au visiteur ce qu'il attendait d'elle et quelles étaient les raisons de sa venue.
Il peut sembler évident que ces questions auraient dû être les premières posées après les présentations mais le romantisme de sa jeunesse et les illusions provoquées par la prestance de l'homme venaient d'égarer mon aïeule dans ses rêves de jouvencelle.
Pour tirer la jeune dame de l'embarras dans lequel il la voyait s'enliser, le cavalier se présenta plus complètement : montagnard caucasien, engagé par l'usine dans laquelle travaillait Gaston Akilevitch, il avait été engagé par le directeur pour se mettre au service du couple nouvellement installé. Il serait dorénavant leur homme à tout faire. Et, le baryn et la barynia, dans un premier temps, avaient-ils besoin de bois ? Il pouvait commencer par leur en couper.
Ce fut ainsi que, dans ce conte de fée inversé, le prince superbe se transforma donc en bûcheron, chauffagiste, aide-cuisinier et jardinier sans qu'aucun sortilège pût jamais lui rendre son statut princier.
Étant restée romantique jusqu'à la fin de sa vie, ma grand-mère, lorsqu'elle nous racontait ses souvenirs, ne gardait comme élément principal de cette histoire que la vision d'un prince caucasien descendu de la montagne pour rendre hommage à la jeune et fraîche épousée qu'elle était à l'époque. Un sourire heureux et le regard lointain en disaient long sur les illusions qui avaient envahi son âme une soixantaine d'années auparavant.... et qu'elle gardait peut-être encore.
Alexandra Prokhorova à 16 ans, un peu avant son mariage



mardi 6 août 2013

Le marché flottant de l'Isle-sur-la-Sorgue






























Une festivité colorée, fleurie et très animée, voilà comment on pourrait qualifier le marché flottant de l'Isle-sur-la-Sorgue qui a lieu chaque année,  le premier dimanche du mois d'août.



Contrairement au marché dominical et traditionnel de l'Isle-sur-la-Sorgue qui remonte au XIIème siècle (à l'époque, il était l'un des plus importants de la région), la tradition du marché flottant n'a été instituée que dans les années 1980.

Mais, bien avant l'organisation de cette fête, descendant la Sorgue dans leurs Négo-Chin ( barques à fond plat manoeuvrées à l'aide d'une longue perche en bois appelée "partègue"), les pêcheurs de la région venaient approvisionner les Islois en écrevisses, et poissons divers .
Bien installée actuellement sur l'un des bras de la Sorgue, la fête du marché flottant offre aux touristes et autres amateurs de curiosités locales de pouvoir s'approvisionner en fleurs, fruits, légumes et spécialités provençales d'une manière tout à fait inhabituelle, dans les rires et la bonne humeur. 
Une fête à ne pas manquer, c'est certain !


























Les costumes provençaux portés ce jour-là sont un régal pour les yeux... et la classe qu'ils confèrent à leurs propriétaires devrait faire réfléchir plus d'un touriste !

Négo-chin ? Que signifie ce mot ? Littéralement : "noie chien" ou "chien noyé"
Sur internet, voici l'explication trouvée : c'est une barque instable de laquelle on peut facilement tomber.
Renseignement pris, lors de la fête, auprès d'un animateur provençal, voici une autre explication : "chien noyé" parce qu'en période de repos, le  pêcheur  noyait, faisait couler son embarcation pour qu'on ne puisse pas la lui voler.
Laquelle est correcte ? Je ne sais.  
Personnellement, j'aime la seconde explication car, lorsqu'elle me fut donnée, il y eu un grand moment de rigolade parmi les animateurs. En effet, j'avais cru comprendre que c'était avec ces barques que les pêcheurs noyaient leurs chiens.  Cette erreur de compréhension avait provoqué chez moi un grand sursaut de révolte...

samedi 3 août 2013

Un vendredi soir à Vacqueyras

Pour les amoureux des petits marchés de producteurs de cette région, voici une destination incontournable.
Seul(e) ou en famille, le charme de ce marché ne pourra que vous séduire.
C'est donc à la cave des "Vignerons de Caractère" que se retrouvent, chaque vendredi soir, de 17 heures à 21 heures, producteur de figues représentant de produits italiens, vigneron , maraîcher , safranier de "L'Or Rouge des 3 Rivières", sans oublier "Les Maîtres Chanteurs" chargés d'animer la soirée avec des chansons douces ou mélancoliques des années 50 à nos jours.


A ce stand, le sirop de lavande est
 particulièrement raffiné
Un grand choix de produits italiens qui vous font monter
l'eau à la bouche


C'est grâce à ce producteur de figues que j'ai enfin fait une
grande découverte : il existe des figuiers mâles et des figuiers femelles.
Seuls, les seconds produisent des figues de bonne qualité 
Présent aussi avec un stand bien garni,
L'Or Rouge des 3 Rivières

Et quand le safranier rencontre  le producteur de figues, de quoi peuvent-ils parler ?
De confiture de figues safranée bien entendu (un délice, entre nous)

Dégustation de vins bien tentante ! Et proposée avec un tel sourire...
qui pourrait résister ?

Quant au nougat, certains vendraient leur âme au diable
 pour en manger tous les jours

Courgettes, melons, abricots, tomates, confitures maison ou
paniers garnis, qui dit mieux ?

Et pour l'ambiance musicale, c'est au choix : guitare, saxo ou accordéon
Contacts pour info : 09 52 63 28 51  /  06 81 71 53 28
jmy84@free.fr

vendredi 2 août 2013

Le caviar d'aubergines à la manière de ma grand-mère

        Caviar d'aubergines
(recette venant de Russie)


  Ingrédients :

  3 grosses aubergines
  3 gros oignons
  6 grosses tomates
  5 à 6 c à s d'huile d'olive
  1 bonne rasade de vinaigre de vin (ou de cidre) (ou le jus d'un citron)                                            sel et poivre
                    1 boîte de concentré de tomate (facultatif) pour avoir un caviar plus rouge                                                
Préparation :

Entailler les aubergines (!!! important pour ne pas les voir exploser dans le four ou pis, sur vos mains quand vous les sortez) et les faire cuire au four durant 30 minutes
Peler les tomates et les hacher puis réserver
Peler les oignons et les hacher puis réserver

Lorsque les aubergines sont cuites (elles doivent être devenues molles), les peler et les hacher

Dans une poêle, verser l'huile d'olive, y placer les oignons et les faire revenir doucement.
Lorsque les oignons deviennent translucides, ajouter les tomates et les aubergines
Couvrir
Laisser cuire à petit feu +- une heure
A mi-cuisson, ajouter le vinaigre, le sel et le poivre

En fin de cuisson, le caviar doit être devenu épais comme un chutney. Si ce n'est pas le cas, enlever le couvercle, augmenter la température de cuisson pour la rendre vive et mélanger le caviar sans arrêter jusqu'à l'obtention de la consistance voulue. Ce caviar doit pouvoir se laisser tartiner sans couler.

Mixer ou travailler au passe-vite (en France, cela s'appelle un moulin à légumes, attttention !!!). Ma grand-mère et ma mère préféraient la seconde solution pour obtenir un caviar moins crémeux. Et c'est vrai qu'avec le passe-vite, la consistance est plus agréable.
Laisser refroidir puis placer au frigo avant dégustation.

Le caviar d'aubergines peut être congelé sans problème.

Contrairement à ma mère, ma grand-mère n'aimait pas utiliser le citron. Elle prétendait que le caviar se conservait moins bien qu'avec du vinaigre (???)
Entre ma mère et ma grand-mère, il devait y avoir un conflit de générations.
Nihil novi sub sole





jeudi 1 août 2013

Certains jeunes au bord du Toulourenc

C'est une randonnée enchanteresse que celle à effectuer  dans le lit du Toulourenc en partant d'Entrechaux et en remontant vers le petit hameau de Veaux.
Une eau limpide, une nature qui offre mille et une choses à voir tant du point de vue de la flore que de la faune.
Les insectes y volent nombreux en habits chatoyants de l'été et les oiseaux y lancent leurs trilles, clés de sol ou contre-ut en toute liberté.
Cependant, un voile de deuil vient parfois assombrir toute cette beauté lorsque, à la tombée du jour, quelques jeunes indélicats, après avoir fait la fête au milieu des galets encore tièdes de soleil, quittent les lieux, laissant derrière eux des déchets que leur paresse maladive les empêche d'emporter. 
La vessie bien remplie de bière ou de vin et le cerveau embrumé par leur bêtise, ils s'en retournent en chantant et en criant sans se soucier outre mesure de la pollution qu'ils génèrent. Peu leur chaut qu'une prochaine montée des eaux emporte leurs bouteilles pour les fracasser en aval ou que leurs cartons en lambeaux, semblables à de tristes épouvantails, restent accrochés aux branches basses des arbres durant des semaines.
Leur devise : "La nature ? Connais pas ! Si elle existe, elle est à mon service". 
A leur service ? D'imbéciles indécrottables, oui ! 

Photo prise au bord du Toulourenc à Entrechaux ce dimanche, 28 juillet,
après le passage d'un groupe de jeunes 

Certains jeunes nous accusent de leur laisser un monde pourri. Ils n'ont pas tort. Mais, en les observant, je me dis qu'ils ne font pas mieux que nous.
Alors, avant de nous traiter de vieux cons, qu'ils apprennent à ramasser leurs déchets ensuite nous pourrons discuter.